Euro de basket: battue par la Slovénie, la France n'ira pas aux J0 2008, la Russie championne

MADRID (AFP) — Comme à l'Euro-2003, la France a perdu le match qu'il ne fallait pas dimanche face à la Slovénie (88-74) à l'Eurobasket abandonnant ainsi toute chance d'aller aux jeux Olympiques de Pékin en 2008: après deux années riches en promesses, c'est le retour à l'âge de pierre.

La Russie a déjoué pour sa part tous les pronostics en chipant le titre de champion d'Europe au nez et à la barbe de l'Espagne et de son public avec une victoire (60-59) en finale de l'Eurobasket dimanche à Madrid.

C'est le meneur naturalisé... américain JR Holden qui a offert leur premier titre européen aux Russes à deux secondes de la fin, alors que la grande star espagnole Pau Gasol avait perdu le ballon sur la possession précédente et raté le tir de la victoire au buzzer.La Russie apparaît comme un des favoris des jeux Olympiques de Pékin.

Si le basket est un sport où tout peut arriver tout le temps, surtout dans le contexte hyper compétitif du Vieux continent, la victoire des Russes sur le sol du champion du monde est une des plus grandes surprises de l'histoire.

Qui en effet aurait misé un rouble sur la sélection de David Blatt en début de tournoi? Et qui aurait osé doubler la mise dimanche lorsqu'il s'agissait pour la Russie de retrouver une Espagne qui l'avait nettement dominée au deuxième tour (81-69)?

Pas grand monde et surtout pas le public madrilène persuadé depuis un an que plus rien ne pouvait arriver à leur "chicos de oro", vainqueurs de 35 de leurs 36 précédents matches depuis l'Euro-2005.

Certes, la Croatie avait percé un premier trou dans la cuirasse en battant le champion du monde au premier tour. Simple saute de concentration, pensait-on alors.

Mais l'armada n'était donc pas invincible et les Russes l'ont prouvé encore dimanche grâce à une défense étouffante sur les Espagnols qui n'ont pas su profiter des espaces à l'intérieur pour alimenter la marque (7 sur 35 à deux points!).

Hormis un premier quart-temps très inégal, la Russie a ainsi tenu tête pendant toute la partie avant de venir marquer les cinq derniers points devant un public médusé.

Il s'agit du premier titre de la Russie qui renoue avec le passé glorieux de l'ex-URSS, vainqueur de son dernier trophée européen en 1985.

Souvent dotés de joueurs talentueux, ils traînaient une réputation de dilettante et avaient le don d'exploser en plein vol après des entrée en matière régulièrement réussies.

Ils n'étaient ainsi même pas présents au dernier Mondial japonais après avoir terminé à la huitième place de l'Euro-2005 malgré un premier tour impeccable.

Cette année, leur nouveau sélectionneur David Blatt a réussi à leur insuffler la discipline qui leur manquait. Toujours portée par Andreï Kirilenko, élu MVP du tournoi, la Russie possède désormais un supplément d'âme et ne dépend plus que de l'ailier des Utah Jazz.

Un esprit nouveau qui a porté ses fruits au-delà de toutes les espérances et qui propulse la Russie comme un des favoris des jeux Olympiques de Pékin.

Quant à l'Espagne, qu'on croyait guérie avec son titre mondial, elle voit ressurgir ses vieux fantômes. Dimanche, elle a ainsi perdu sa sixième finale de l'histoire, dont la cinquième sur un Euro, titre derrière elle continue à courir.

Avec la débâcle espagnole, il se confirme aussi que réussir le doublé Mondial-Euro est presque mission impossible, seule la grande Yougoslavie, en 1991, l'ayant fait depuis 1946.

Ca fait désormais sept éditions aussi que le Championnat d'Europe échappe au pays hôte. Le dernier à avoir gagné à domicile reste l'Allemagne en 1993. A l'époque, la Mannschaft avait battue... la Russie en finale.

Les Français avaient rêvé des lumières de l'Olympe. A la place, ils vont redécouvrir les joies obscures des qualifications puisque leur huitième place à Madrid ne leur permet pas d'assurer leur présence à l'Euro-2009 en Pologne.

Au lieu d'aller gambader en Chine, ils vont donc devoir remettre le bleu de chauffe à l'automne 2008 et cela sans la moindre garantie que les joueurs NBA soient libérés par leurs clubs pour de si modestes missions.

"On va revenir aux tranchées" a résumé le sélectionneur Claude Bergeaud dont l'avenir s'inscrit forcément en pointillés après l'immense déception de l'Eurobasket espagnol, où la France a réalisé son plus mauvais résultats depuis 1997.

Si le président Yvan Mainini a repoussé la décision aux environs de la Toussaint, la position de Bergeaud paraît compromise, même si les joueurs cadres lui ont assuré son soutien dimanche.

"C'est dur de repartir de zéro", a lâché Tony Parker qui, comme plusieurs autres joueurs de l'équipe, rate sa deuxième occasion d'aller aux Jeux après le fiasco de l'Euro-2003.

Cette fois, le meneur de jeu pensait, et beaucoup d'autres avec lui, que son équipe était à l'abri d'une telle mésaventure. Mais le mal est visiblement trop ancré dans la chair du basket français pour s'en débarrasser d'un simple revers de la main.

On ne compte plus en effet ces matches de la dernière chance que la France a laissé échapper, les derniers exemples étant sa défaite pour la cinquième place à l'Euro-2001 qui l'avait privée du Mondial-2002, et celle pour la troisième place à l'Euro-2003 qui lui avait barré la route des JO-2004.

Une fois encore le syndrome a donc frappé et privé la bande à Parker, la "génération dorée" qui fut championne d'Europe juniors en 2000, des J0 dont elle avait fait son grand objectif.

"Ca va faire mal pendant longtemps! Ce n'est pas facile à accepter, je pense qu'on ne méritait pas ça, déplorait Tony Parker. Cela s'est joué à rien. On a perdu un quart de finale en on a du mal à réagir."

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