Le ministre issu du PS Jean-Marie Bockel vole au secours d'Henri Guaino

PARIS (AFP) — Le secrétaire d'Etat à la Coopération Jean-Marie Bockel a jugé mercredi "incroyable" que Bernard-Henri Lévy ait pu traiter le conseiller de Nicolas Sarkozy, Henri Guaino, de "raciste", en regrettant que le philosophe tienne parfois des "propos infamants".

Il a aussi estimé qu'il n'y avait "aucune raison" que sa collègue Fadela Amara ne puisse pas rester au sein du gouvernement pour avoir jugé "dégueulasse"

"Que Guaino, quand on sait la réalité de son travail, notamment sur le discours (de M. Sarkozy à Dakar), se fasse traiter de raciste, c'est incroyable, les bras m'en tombent", a déclaré le ministre d'ouverture lors d'une rencontre avec l'Association des journalistes parlementaires.

"On peut discuter du discours. Moi je l'ai défendu car, dans son économie générale, c'est un très beau discours. Il y a une ou deux phrases qui, si elles avaient été un peu plus travaillées, n'auraient pas suscité certaines mauvaises compréhensions", a-t-il ajouté. "Guaino, il peut parfois être irritant. Mais là, je ne comprends pas, (BHL) a parlé d'un Guaino que je ne connais pas et j'aurais préféré que l'intellectuel de qualité qu'il est dise pourquoi" il avait des points de désaccord, a insisté M. Bockel.

Rappelant avoir été déjà "extrêmement choqué" de certains propos de BHL contre Jean-Pierre Chevènement, il a regretté que des "vieilles haines recuites" puissent "générer chez un type intelligent et que je respecte des propos aussi infamants".

Mardi, BHL avait qualifié de "raciste" Henri Guaino, la plume du chef de l'Etat, en évoquant le discours, selon lui, "ignoble" que M. Sarkozy a prononcé en juillet à Dakar. M. Guaino a répliqué en traitant l'écrivain de "petit con prétentieux", selon des propos rapportés par le site Rue89.

Jean-Marie Bockel a également estimé mercredi qu'il n'y avait "aucune raison" que sa collègue Fadela Amara ne puisse pas rester au sein du gouvernement après avoir jugé "dégueulasse" d'"instrumentaliser l'immigration" à propos des tests ADN.

"Elle n'a pas remis en cause la solidarité gouvernementale. Sa présence est un plus. Il n'y a aucune raison qu'elle ne puisse pas continuer dans ce gouvernement à faire le job" de secrétaire d'Etat à la Politique de la ville, a déclaré le ministre issu du PS lors d'une rencontre avec l'association des journalistes parlementaires.

"On ne peut pas d'un côté saluer le franc-parler de Fadela et son langage très cru sur la question des banlieues et de l'autre côté lui reprocher de rester elle-même" en défendant ses convictions, a-t-il jugé. Il estime que la tempête à l'UMP autour de ses propos marque non pas tant les limites de l'ouverture que celles "d'une majorité qui serait monolithique".

Réaffirmant que le dispositif sur les tests ADN pour les candidats au regroupement familial, tel qu'il a été amendé au Sénat, "ne méritait pas la diabolisation", M. Bockel a toutefois reconnu que cette polémique a "brouillé le message" sur ce "bon texte" sur l'immigration sans pour autant "constituer un apport" au projet de loi initial.

"Le ministre d'ouverture que je suis ne se définit pas d'abord par les désaccords qu'il peut avoir" avec la ligne gouvernementale, a-t-il dit en se définissant comme un "allié loyal" et "libre", qui veut défendre "l'engagement social-libéral" au sein de sa future formation politique, Gauche moderne.

"Le risque existe que la démarche d'ouverture échoue comme beaucoup d'ouvertures, sous la Vème République, ont échoué", a-t-il admis.

Mais "mes chances de faire passer mon message étaient finalement plus minces" en restant au PS qu'en rejoignant Nicolas Sarkozy, a affirmé le maire de Mulhouse.

"J'ai évalué mon risque (...) Je suis dans un truc qui me plaît. Ma femme me dit +visiblement, tu vas mieux+" qu'avant d'intégrer le gouvernement, a-t-il poursuivi.

"Si un jour, j'avais le sentiment de m'être fourvoyé, j'arrêterais. Ca ne se terminera pas dans les marécages pour moi", a-t-il dit.

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