PARIS (AFP) — La femme Chanel se fait gitane l'été prochain, en longue jupe noire à volants et trimbale sa guitare... dans un étui en cuir matelassé comme le célèbre sac de la griffe, selon la collection de prêt-à-porter proposée vendredi par Karl Lagerfeld.
"J'adore la musique. Après tout, Chanel avait une affaire avec Stravinsky, moi j'ai une affaire avec une guitare", a lancé le couturier au milieu d'un cercle compact de journalistes, sous la verrière du Grand-Palais où s'était déroulé le défilé.
"Chanel avait toujours fait des robes à volants comme ça. Elle appelait ça gitane, c'est très Chanel", a assuré Karl Lagerfeld, qui signe aussi une robe longue irisée, également à volants.
Les mannequins sortaient d'un décor reproduisant la façade de l'immeuble Chanel rue Cambon, comme si elles venaient d'y faire des achats et faisaient quelques pas dans la rue.
Les femmes préférant le court opteront pour des tailleurs graphiques noir et blanc, chaussées d'escarpins scintillants ou aux talons ornés de plumes. Elles cacheront leurs rotules avec des collants opaques en haut et transparents sous les genoux. "Ca voile le genou, qui était le point faible dans l'esprit de Coco Chanel", a déclaré Karl Lagerfeld.
Les actrices Milla Jovovich et Laura Smet, le mannequin Claudia Schiffer et Bernadette Chirac, notamment, ont assisté au défilé.
Dans un décor de ciel bleu parsemé de nuages blancs, Jean-Charles de Castelbajac a proposé une collection joyeuse, avec des sarouels imprimés de nuages, des robes imprimées de briques style Lego, des capes en plastique transparent, de courtes robes à motifs "cartoon", des mini-robes pailletées à effigie.
Celle portant l'effigie du candidat démocrate à la présidence américaine Barack Obama a suscité des applaudissements.
"Dans un monde où il y a de plus en plus de pauvres, un monde où il y a plein de catastrophes, j'ai envie de donner une autre impulsion", a déclaré le créateur. "Mon travail, c'est un travail de sens" et j'y "mets mes convictions: l'espérance d'un monde meilleur, c'est pour ça que je montre Obama, la beauté (...) et l'humour, parce que pour survivre aujourd'hui, il faut beaucoup d'humour", a ajouté le couturier.
Alessandra Facchinetti déshabille avec chic la femme Valentino, lui proposant pour l'été de nombreux shorts très fluides avec des vestes souples et de courtes robes fendues haut sur la cuisse.
Des robes-liquettes arborent des cols loin du cou et de courtes manches froncées, des cordons soulignent la taille des robes longues.
Des entrelacs de cordages brodés de strass à l'encolure ou sur les épaules, des ceintures-bijoux, des fleurs en cristal sur une veste noire, des sortes de mitaines-bijoux sophistiquent l'allure de ce vestiaire décliné en impressions "pixel", tonalités neutres et délicates couleurs unies.
Dans les anciennes pompes funèbres de Paris, devant une cohorte d'animaux sauvages et de paons empaillés, Alexander McQueen a proposé dans la soirée une collection d'esprit ethnique, avec des motifs ondoyants ou des taches de couleurs symétriques dans lesquels on croit deviner un visage ou un masque grimaçant. Ailleurs, on croit distinguer des vertèbres sur des leggings et une veste, un hibou sur un haut.
Des bustiers en cuir structurent des silhouettes en johpurs à ailerons. De courtes robes arrondissent les hanches et les épaules, se découpant par endroit pour dévoiler une mousseline chair.
Le créateur britannique est venu saluer en costume de lapin blanc aux oreilles roses.
Copyright © 2009 AFP. Tous droits réservés. Plus »
