Conrad Black échoue dans sa tentative d'obtenir un nouveau procès

CHICAGO (AFP) — Le baron déchu de la presse Conrad Black a échoué dans sa tentative d'obtenir un nouveau procès pour fraudes et entrave à la justice, a-t-on appris mardi de source judiciaire.

Dans un arrêt de 39 pages rendu lundi, la juge Amy St. Eve a estimé que le gouvernement américain avait bien apporté la preuve de la culpabilité de M. Black.

Les avocats de M. Black avaient déposé une requête demandant à la juge de renverser sa condamnation par un jury ou de lui accorder un nouveau procès. Ils invoquaient notamment un manque de témoins crédibles, une preuve non étayée et des erreurs dans les instructions données au jury.

Mme St. Eve a en revanche estimé que les preuves n'étaient pas suffisantes pour reconnaître la culpabilité de Mark Kipnis, d'un des co-accusés de M. Black, concernant l'un de ses trois chefs d'inculpation pour fraudes. Avocat du groupe de presse Hollinger, M. Kipnis avait été déclaré coupable, avec ses co-accusés, d'avoir détourné au détriment des actionnaires de Hollinger un total de 60 millions de dollars lors de la vente d'actifs de Hollinger au groupe de presse canadien Canwest en 2000.

M. Black et ses trois co-accusés avaient été reconnus coupables, le 13 juillet, de fraudes pour avoir empoché des millions de dollars qui appartenaient plutôt, selon l'accusation, aux actionnaires de son empire Hollinger International.

M. Black avait également été reconnu coupable d'entrave à la justice pour avoir fait disparaître des cartons de documents de ses bureaux au siège social de Hollinger, à Toronto, même s'il savait que les procureurs fédéraux américains les voulaient.

M. Black et ses co-accusés devraient connaître leur sentence le 30 novembre.

L'ancien magnat risque entre 24 et 30 ans de prison et pourrait devoir payer plusieurs milliers, voire des millions de dollars d'amende.

En liberté sous caution, il n'a pas le droit de quitter la région de Chicago (Illinois, nord) ou sa propriété de Palm Beach en Floride (sud-est)

Dans ses belles années, ce fils de brasseur québécois, qui a renoncé à la citoyenneté canadienne pour siéger à la chambre des Lords britannique, était à la tête du troisième empire de presse au monde, incluant des titres comme le Daily Telegraph de Londres, le National Post au Canada, le Jerusalem Post et le Chicago Sun-Times.

Souvent comparé au "Citizen Kane" d'Orson Welles, Conrad Black a clamé haut et fort son innocence durant son procès, se disant victime de procureurs trop zélés et d'actionnaires déterminés à démonter pièce par pièce le groupe qu'il avait créé à partir de rien.