Suppression de la carte scolaire à Paris: premier bilan satisfaisant selon le rectorat

PARIS (AFP) — A Paris, 85% des élèves de 3è ont été affectés, pour la rentrée, dans la classe de seconde d'un des deux établissements qu'ils avaient demandés, selon le rectorat pour qui la suppression de la carte scolaire va permettre davantage de mixité, y compris en classes préparatoires.

Paris a mis en place un nouveau système d'affectation des élèves à l'entrée au lycée général et technologique, dans le cadre de l'assouplissement de la carte scolaire voulue par le gouvernement.

Ce système supprime les quatre anciens districts géographiques, donne la priorité aux collégiens du public et répartit les élèves à 80% par informatique sur la base de critères sociaux (pesant pour 30%), géographiques (30%) et en fonction des résultats scolaires (40%).

Les élèves et leurs familles devaient présenter quatre voeux minimum, dix maximum pour l'ensemble des 73 établissements de la capitale.

"90% ont eu l'un des établissements demandés. 80% ont été affectés sur leur premier voeu et 85% sur les deux premiers voeux", a affirmé Maurice Quenet, le recteur de l'Académie de Paris, lors d'un point presse.

Les élèves boursiers ont été affectés à 88% sur leurs premiers voeux et à 94% sur les deux premiers. Et s'ils n'ont pas obtenu satisfaction, c'est pour "des raisons techniques (langues rares, options)", a ajouté M. Quenet.

L'affectation a été "automatique" pour les élèves handicapés ou les malades ayant un traitement lourd en milieu hospitalier, selon le rectorat.

Environ "un millier", sur 11.500, n'ont pas eu satisfaction, mais tous ont été affectés dans un établissement dès fin juin, ce qui n'était pas le cas l'an dernier.

"Nouveauté" de cet assouplissement selon M. Quenet: "autrefois, un lycée qui avait un recrutement à partir de 4 à 5 collèges, en a aujourd'hui au moins 10, parfois 20 ou 30", a-t-il dit, citant notamment le cas du lycée Sophie-Germain.

De surcroît, il s'agit selon lui de faire changer "l'idée ancienne" selon laquelle lorsqu'on est entré dans une cité scolaire au niveau collège, on est assuré d'y rester au moment du passage en seconde. "Les cartes seront brassées" à l'entrée en seconde, a-t-il dit.

"Nous verrons à l'usage mais nous aurons un brassage", a assuré M. Quenet. "Si nous voulons que les classes prépas, où l'homogénéité (sociale, ndlr) est préoccupante, changent, il faut bouger dès la seconde", a affirmé le recteur.

Parmi les établissements les plus demandés cette année figurent des lycées en périphérie de Paris (Bergson), ou proposant certaines sections (Honoré de Balzac).

Les demandes des familles sont en revanche moins nombreuses "là où le fonctionnement du service public a été fortement perturbé pendant un mois et plus" (pendant le mouvement lycéen du printemps, ndlr), a-t-il dit.

Interrogé par l'AFP, Philippe Guittet, pour le SNPDEN-Unsa (syndicat majoritaire des chefs d'établissements), a estimé que "le principe du système" était "bon", mais demandé un "bilan sérieux" et la mise en place d'un observatoire de la mixité sociale.

Le Snes-FSU Paris (enseignants du second degré) s'est dit "perplexe quant à une amélioration", déplorant que Paris ait une "capacité d'accueil et une offre de formation très inégales".

Les demandes des élèves s'installant à Paris dans l'été ou issus de l'enseignement privé seront traitées d'ici septembre, mais pas par informatique.

Un bilan plus complet est attendu à la rentrée. Des chiffres sur la carte scolaire à l'entrée en sixième sont aussi attendus "sous peu", selon le rectorat.