WASHINGTON (AFP) — Peter Mackler, rédacteur en chef régional pour l'Amérique du nord de l'AFP est brusquement décédé vendredi à la suite d'un malaise cardiaque survenu sur son lieu de travail à Washington.
Peter Mackler, 58 ans, était un vétéran du service anglais de l'Agence France-Presse, qu'il avait largement contribué à développer aux quatre coins du monde pour le hisser au niveau de ses concurrents anglo-saxons.
"Avec Peter disparaît l'un des meilleurs journalistes de l'agence. Il aura été pour la plupart d'entre nous une source d'inspiration, un modèle, un exemple", a déclaré le PDG de l'AFP Pierre Louette. "Je sais quelle a été sa passion totale pour l'agence, son envie qu'elle soit grande et toujours au premier rang. Il nous manquera cruellement", a ajouté Pierre Louette.
Américain, parfaitement francophone, Peter était entré à l'AFP aux Etats-Unis en septembre 1979 après des débuts dans le journalisme à l'agence UPI à New York.
En Asie, en Europe, au Moyen-Orient, aux Etats-Unis, il était animé de la même énergie et passion pour une couverture rigoureuse des évènements, un souci d'organisation hors pair et une attention de tous les instants pour ses collègues.
Elle forçait le respect dans toute la profession et chez ses interlocuteurs de tous les horizons. Son rôle avait été fondamental dans la couverture de l'AFP de nombreux évènements dramatiques ces dernières années, aussi bien les deux guerres du Golfe que le 11-Septembre à New York ou l'intervention alliée en Afghanistan.
Ces derniers mois il consacrait toute son énergie au suivi de l'élection présidentielle américaine et à une autre de ses passions, la formation au journalisme. Il avait dans ce but créé une société en 2004, Global Media Forum. Elle avait très vite trouvé sa place auprès des grandes institutions internationales comme les Nations Unies.
Depuis un an Peter avait mis ses talents au service de la nouvelle Fondation AFP et il était en train de préparer une mission pour la presse au Liban à la demande de l'ONU.
Né le 22 août 1949, dans une famille juive de Brooklyn, Peter Mackler avait un diplôme de psychologie et avait commencé à travailler comme psychologue pour enfants dans son quartier. Il a rejoint en 1973 l'agence américaine UPI et appris les bases du métier en suivant les faits divers à New York. Il en avait notamment gardé un solide réseau d'amitiés dans la presse américaine.
Après des débuts à l'AFP aux Etats-Unis en 1979, il était parti à Hong Kong en 1982 où il avait, au desk puis en 1988-1990 comme directeur à Sydney et Singapour, développé le service anglophone en Asie pour en faire une source incontournable d'informations dans la région.
Il a aussi dirigé le desk anglais à Paris (1986).
En 1991, pendant la première guerre du Golfe, son sens de l'organisation, qui lui avait valu le surnom amical de "général Mackler", avait permis à plusieurs correspondants de l'AFP de pénétrer dans Koweït City avant l'arrivée des troupes américaines.
Après un passage à Bruxelles, il avait été nommé chef de la rédaction à Washington en 1994, puis adjoint au Directeur régional.
Un nouveau séjour en France en avait fait un grand reporter couvrant les dossiers liés au terrorisme, avec notamment une longue mission à New York après l'attentat du World Trade Center, puis au Pakistan pendant l'intervention alliée en Afghanistan.
Après un retour aux Etats-Unis en 2004 comme correspondant au département d'Etat, il avait été nommé rédacteur en chef régional en 2006.
"Nous nous souviendrons tous de Peter pour trois qualités remarquables: son engagement sans faille au service des grands principes de la profession, sa profonde loyauté vis-à-vis de ses amis et collègues, sa passion pour aider et former les jeunes journalistes", souligne un vétéran du service anglais, Robert Holloway, exprimant l'émotion de l'ensemble de la rédaction de l'AFP.
Copyright © 2009 AFP. Tous droits réservés. Plus »
