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Double meurtre de Montigny-lès-Metz: non-lieu requis en faveur de Francis Heaulme

METZ (AFP) — Le parquet de Metz a annoncé mardi qu'il avait requis un non-lieu en faveur du tueur en série Francis Heaulme, accusé du double meurtre de deux garçonnets de huit ans à Montigny-lès-Metz (Moselle) en 1986.

Ce non-lieu était "inéluctable (...) compte-tenu de l'insuffisance des charges réunies" contre le tueur en série et qui ne permettent pas un renvoi devant une cour d'assises, a déclaré le procureur de Metz, Joël Guitton, lors d'une conférence de presse.

Déjà condamné à six reprises pour meurtre, Francis Heaulme a été mis en examen en juin 2006 pour les homicides volontaires de Cyril Beining et d'Alexandre Beckrich, retrouvés en septembre 1986 le crâne fracassé sur une voie ferrée de Montigny.

"Francis Heaulme ne peut pas être un coupable de substitution si on n'a pas réuni les éléments suffisants pour le mettre en cause (...) au terme d'une enquête acharnée où des milliers d'heures ont été consacrées aux recherches", a encore dit le procureur.

"On s'oriente certainement vers un non-lieu", avait déclaré dans la matinée à la radio RTL le juge Thierry Montfort, chargé avec sa collègue Céline Bazelaire de l'instruction de cette affaire. Leur décision définitive devrait être rendue "dans les prochains jours", a dit M. Guitton.

"La mise en examen de Francis Heaulme n'était pas justifiée", a estimé l'avocate du tueur en série, Me Liliane Glock. "On a voulu examiner toutes les pistes qui se présentaient, même si on savait d'avance qu'elles n'aboutiraient à rien", a-t-elle ajouté.

"La justice a fait son travail", a commenté Ginette Beckrich, la grand-mère du petit Alexandre en ajoutant n'avoir "jamais cru à la culpabilité de Heaulme", qui purge une peine de réclusion à perpétuité à la prison de Metz.

En 1989, un apprenti-cuisinier de 16 ans, Patrick Dils, avait été condamné à la perpétuité par la cour d'assises des mineurs de la Moselle pour le double meurtre de Montigny. En 2001, il avait été une nouvelle fois condamné à 25 ans de réclusion par la cour d'assises de la Marne lors d'un procès en révision à Reims.

Mais le 24 avril 2002 à Lyon, M. Dils avait été acquitté par la cour d'assises du Rhône. Présentée au cours de ce troisième procès, une enquête de synthèse de la gendarmerie avait conclu que le double meurtre de Montigny portait la "quasi-signature criminelle du routard du crime, Francis Heaulme".

En juin 2006, M. Heaulme avait reconnu qu'il était monté sur le talus où gisaient les corps des deux enfants avant de revenir sur ses déclarations. "J'ai dit ça pour faire l'intéressant", avait-il dit en se rétractant.

En avril dernier, d'ultimes analyses effectuées sur un pantalon de M. Heaulme, saisi en octobre 2006 au cours d'une perquisition chez la grand-mère du tueur en série à Vaux, près de Metz, s'étaient révélées négatives, privant l'instruction de l'élément matériel capable de fonder les indices rassemblés contre le tueur en série par les gendarmes.

"L'enquête de synthèse de la gendarmerie, qui avait été au coeur du procès de Lyon de Patrick Dils, s'est effondrée au terme de ces analyses", a estimé Me Rondu, avocat de la famille Beckrich qui veut maintenant obtenir un quatrième procès de M. Dils.

Les textes ne prévoient pas actuellement que des parties civiles puissent demander la révision d'un procès d'assises.