PARIS (AFP) — Le centre, dont la dernière incarnation est le Mouvement démocrate (MoDem) fondé par François Bayrou, est aujourd'hui éclaté en une mosaïque de formations que la présidentielle de 2007 a mises en ébullition.
Ce week-end, l'UDF va officiellement se fondre au sein du MoDem (50.000 à 60.000 adhérents), censé incarner le nouveau positionnement d'un parti qui, sous la houlette de François Bayrou, s'est affranchi de l'UMP.
Le pourfendeur du clivage droite-gauche a jugé sa stratégie légitimée par son score de 18,57% le 22 avril, même s'il est la cible des attaques de ses anciens compagnons de route, qui l'ont déserté en nombre.
François Bayrou "a massacré l'UDF", déplore Gilles de Robien, unique ministre UDF de la dernière législature, qui fut le premier après 2002 à prendre ses distances.
Jugeant que le leader centriste avait franchi le Rubicon en votant, en mai 2006, la censure de la gauche contre le gouvernement Villepin, le maire d'Amiens a créé le club de réflexion Société en Mouvement (2.000 adhérents), attaché à la majorité.
Hervé Morin, président du Nouveau Centre (7.000 adhérents), formé entre les deux tours par les UDF ralliés à Nicolas Sarkozy, affirme pour sa part que le MoDem a été créé "pour l'ambition d'un homme qui, au soir même de la présidentielle de 2007, se projetait déjà dans celle de 2012".
Devant l'éclatement des centristes, certains, y compris à l'UDF-MoDem en la personne du chef de file des sénateurs Michel Mercier, rêvent d'un rassemblement.
Gilles de Robien, qui voudrait "un grand centre ouvert à tous ceux qui partagent nos valeurs et s'inscrivent dans la majorité", a réuni mercredi soir son club à Neuilly (Hauts-de-Seine).
Plusieurs membres du Nouveau Centre étaient invités, ainsi que le président du Parti radical Jean-Louis Borloo, et le fondateur de "Gauche moderne", Jean-Marie Bockel.
Ce dernier s'inscrit dans le "pôle gauche" de la majorité de Nicolas Sarkozy, tout comme Eric Besson, autre ancien socialiste devenu ministre, qui a fondé les "Progressistes".
Pour l'instant, l'idée d'un rassemblement des centristes de la majorité ne semble guère enthousiasmer le Nouveau Centre. "Il y a d'abord le temps de la construction", temporise le ministre de la Défense Hervé Morin, qui ambitionne de voir son parti "relever le flambeau de l'UDF".
Le Parti radical et le Parti radical de gauche (10.000 adhérents chacun) de Jean-Michel Baylet ont pour leur part entamé un rapprochement après la présidentielle, pour essayer, selon les termes du ministre de l'Ecologie, de "fermer la parenthèse" ouverte par la scission de 1972.
Certains centristes qui ont rejoint l'UMP en 2002, comme Pierre Méhaignerie, ont depuis septembre repris des contacts avec M. Bayrou.
Déplorant que le centre soit "réduit à une diaspora où les responsables politiques sont dispersés", Hervé de Charette, Claude Goasguen et Alain Lamassoure (UMP) essaient d'organiser un grand colloque pour débattre de l'avenir du centre, mais se heurtent aux réticences de François Bayrou.
Depuis la Libération, les partis du centre ont évolué entre autonomie et rattachement à des formations de droite, avec parfois des flirts avec la gauche. La IVe République fut une sorte d'âge d'or pour ce courant ondoyant.
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