PARIS (AFP) — Cinq syndicats de La Poste (CGT, Sud, CFDT, FO et la CFTC), représentant près de 95% du personnel, ont convenu mercredi d'organiser une "journée d'action nationale" à la rentrée pour protester contre la "privatisation de La Poste", a indiqué la CGT à l'AFP.
"Nous nous sommes mis d'accord sur une action début septembre contre la privatisation de La Poste et nous devons nous revoir pour en définir les modalités début septembre également", a indiqué Colette Duynslaeger, secrétaire générale de la CGT-Poste, précisant que son syndicat souhaitait "une journée de grève".
Ces "organisations syndicales refusent un processus qui conduirait inexorablement à la privatisation du service public postal", a ajouté Mme Duynslaeger, lisant le communiqué commun rédigé à l'issue de la rencontre.
Le président de La Poste avait annoncé mardi à la CGT que le changement de statut de cet établissement public, qui doit devenir une société anonyme, serait inscrit dans une loi en 2009 et pourrait être suivi d'une ouverture de capital de 10 à 20%. La transformation en société anonyme est présentée par le groupe comme une nécessité pour faire face à la libéralisation totale du marché du courrier prévue en 2011.
La ministre de l'Economie Christine Lagarde a pourtant souligné mercredi n'avoir encore été "saisie d'aucun projet spécifique" concernant cette modification de statut, tout en estimant que l'établissement devait "évoluer" dans un environnement "qui évolue très vite".
"Je ne suis saisie aujourd'hui d'aucun projet spécifique", a dit la ministre interrogée par la radio BFM sur le projet de la direction de La Poste de transformer le groupe en société anonyme.
Mais "La Poste, comme toute entité doit évoluer dans un environnement qui lui-même évolue très vite", a ajouté la ministre. Elle a précisé qu'elle rencontrerait "prochainement" le président de La Poste Jean-Paul Bailly.
"La Poste restera une entreprise publique", a indiqué Mme Lagarde. "On est très attaché à la mission de service public de la Poste et ces missions là sont réaffirmées", a-t-elle insisté.
La ministre a également souligné la nécessité que "les personnels (soient) associés à ce développement" et cette évolution de La Poste, alors que les syndicats de l'établissement public ont exprimé leur inquiétude et doivent se réunir mercredi matin pour définir les "modalités" d'une action.
Le ministre du Budget Eric Woerth a pour sa part estimé mercredi sur LCI que "l'ouverture du capital (de La Poste) est quelque chose d'important, ça amène aussi des moyens supplémentaire, ça confronte au secteur privé".
Jean-Paul Bailly a d'ores et déjà tenté de rassurer ses 280.000 salariés dans un message téléphonique expliquant qu'une "telle évolution est indispensable" et jugeant "erroné" de "parler de privatisation" puisque la mission de service public de La Poste interdit à l'Etat de descendre en-dessous de 50% du capital. "L'Etat restera au minimum à 80%" du capital, a assuré M. Bailly à la CGT.
La Poste doit tenir jeudi un Conseil d'administration qui abordera notamment la question du statut.
La Poste emploie 280.000 personnes, dont plus de 60% de fonctionnaires, les autres relevant du statut de droit privé.
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