VARSOVIE (AFP) — Le futur Premier ministre polonais Donald Tusk a assuré mardi de sa volonté d'apaiser les tensions avec l'Union européenne, l'Allemagne et la Russie, qui ont marqué les deux ans du gouvernement controversé des frères Kaczynski.
Avant même sa désignation comme nouveau chef de gouvernement, Donald Tusk, 50 ans, a organisé une rencontre avec les journalistes étrangers, ce que n'avaient jamais fait le président Lech Kaczynski et son jumeau, le Premier ministre sortant Jaroslaw Kaczynski.
Sans porter d'attaques contre les deux frères conservateurs, il a affirmé qu'il voulait abandonner leur stratégie de confrontation systématique.
"Les priorités de la Pologne dans ses relations avec ses voisins et avec l'UE sont restées stables depuis 1989, les deux dernières années n'ont pas vraiment changé les priorités, mais la manière d'agir n'a pas été très efficace pour atteindre les objectifs de la Pologne", a-t-il dit diplomatiquement.
Vainqueur avec son parti libéral Plateforme civique (PO) des élections législatives du 21 octobre, Donald Tusk doit se voir confier la formation du gouvernement avant la fin de la semaine.
Membre de la minorité kachoube, ballottée entre l'Allemagne et la Pologne pendant des siècles, Donald Tusk tient d'abord à renouer le dialogue avec l'Allemagne, que les frères Kaczynski considéraient presque comme une ennemie.
"Je voudrais élever les relations au niveau que nous avions au début des années 90", a déclaré le futur Premier ministre. Après la chute du communisme et la réunification allemande, plusieurs traités avaient été alors signés pour fixer définitivement la frontière occidentale de la Pologne, mais aussi pour établir une coopération qui se voulait aussi riche que celle entre la France et l'Allemagne.
"Les relations entre la Pologne et l'Allemagne n'ont pas besoin d'une percée radicale, mais d'un accroissement de la confiance mutuelle", a-t-il dit.
En signe de bonne volonté, Donald Tusk a donné son accord conditionnel à un projet
allemand d'un centre à la mémoire des quelque 12 millions Allemands chassés d'Europe centrale après 1945. La question est très sensible pour les Polonais, car la moitié des expulsés habitaient sur des territoires attribués à la Pologne après la défaite nazie.
"Le centre devrait être fondé sur la vérité historique. Une commémoration raisonnabledes expulsés rencontrera l'approbation de mon gouvernement", a-t-il dit, en espérant que la Pologne sera appelée à collaborer au projet.
Donald Tusk a aussi donné des gages à ses partenaires de l'UE, qui n'ont presque pas
dissimulé leur joie à l'annonce de la défaite des Kaczynski. "Nous sommes le parti le plus pro-européen de Pologne", a-t-il dit. Il a souligné qu'il rencontrerait dès jeudi à Varsovie le président de la Commission européenne José Manuel Durao Barroso.
Donald Tusk a également promis de tout faire pour mettre fin à l'absence totale de dialogue entre Varsovie et Moscou, estimant que les frères Kaczynski avaient provoqué "plus de tensions qu'il n'est nécessaire". La Pologne bloque ainsi depuis un an la négociation d'un accord économique entre l'UE et la Russie en raison d'un embargo russe sur la viande polonaise.
En revanche, Donald Tusk a confirmé le changement de ton vis-à-vis des Etats-Unis. Il a répété qu'il voulait mettre fin l'an prochain à la mission militaire de la Pologne en Irak, où sont actuellement déployés 900 soldats polonais.
Il a aussi répété qu'il voulait négocier plus durement sur le projet de bouclier antimissile dont les Américains veulent installer des éléments en Pologne. "Si nous devons accroître la sécurité des Etats-Unis, nous pouvons attendre une contribution financière pour accroître la sécurité de la Pologne", a-t-il dit.
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