Affaire des surirradiés: perquisition à l'hôpital Rangeuil de Toulouse

TOULOUSE (AFP) — Une perquisition a été menée, mercredi, au CHU de Rangueil à Toulouse, où des patients avaient reçu des surirradiations, a-t-on appris jeudi auprès des hôpitaux de Toulouse.

Cette perquisition, menée sur commission rogatoire, vise à "fournir un certain nombre d'éléments en lien avec l'incident de radiochirurgie", a-t-on ajouté de même source.

Les officiers de police judiciaire ont été saisis "il y a quelques semaines par les juges du pôle santé à Paris", a-t-on indiqué de source judiciaire et ont "procédé à un certain nombre d'actes" concernant le fonctionnement d'un appareil de diffusion de radiations.

"Si nous savons qu'il s'agit dans cette affaire d'un mauvais calibrage de la machine, il est important de savoir pourquoi on a mis autant de temps pour déceler le dysfonctionnement", a précisé la même source.

"Le CHU met tout en oeuvre pour répondre précisément aux demandes de la justice et reste à sa disposition pour que toute la lumière soit faite sur cette douloureuse affaire", ont affirmé les hôpitaux de Toulouse dans un communiqué.

Au total, 145 patients de l'hôpital Rangueil, traités pour des tumeurs cérébrales cancéreuses ou bénignes entre avril 2006 et avril 2007, avaient reçu des surdoses de radiations en raison du mauvais étalonnage d'un appareil.

Six sont décédés, mais le lien direct avec la surexposition n'a pas été établi.

De source judiciaire, on indiquait jeudi que "normalement aucune autre perquisition ne serait menée" et que toutes les données ou pièces saisies mercredi seraient étudiées pour découvrir d'éventuelles responsabilités dans ces dysfonctionnements.

Début juin, 56 patients victimes de surexpositions aux radiations à l'hôpital de Toulouse-Rangueil ou des ayants droit des personnes décédées ont reçu des chèques de 5.000 euros de provisions sur leurs dommages et intérêts.

Une convention avait été passée le 9 avril 2008 après l'intervention de l'ex-ministre socialiste de la Santé, Claude Evin, mandaté par l'actuelle ministre Roselyne Bachelot.

M. Evin avait présidé un comité de suivi et d'indemnisation des surirradiés de Rangueil rassemblant notamment des représentants du CHU de Toulouse, les associations de victimes, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) et les ministères concernés (Justice, Santé).