PIETERMARITZBURG (AFP) — Des centaines de partisans de Jacob Zuma, chef du parti au pouvoir en Afrique du sud et favori à la présidence en 2009, se sont massés devant le tribunal de Pietermaritzburg (sud-est) où s'est ouvert lundi le procès pour corruption de leur leader.
Des militants du Congrès national africain (ANC, au pouvoir), mais aussi des syndicalistes et des communistes, ont attendu en chantant, dansant et priant, Jacob Zuma, 66 ans, qui, s'est glissé vers 09H00 (07H00 GMT) dans le palais de justice par une porte dérobée pour éviter photographes et caméras.
Le procès s'est ouvert une heure plus tard, en présence également de Pierre Moynot, directeur exécutif de Thint, filiale sud-africaine du groupe français d'armement Thales. Jugé pour corruption et fraude notamment, Jacob Zuma joue son avenir politique: s'il est condamné, il a promis de se retirer de la politique et ne mènera pas la campagne de l'ultramajoritaire ANC aux élections générales de 2009.
Lundi, ses avocats ont prévu de déposer un énième recours de procédure et l'audience devrait être ajournée. Lors de son procès pour viol en 2006, à l'issue duquel il a été acquitté, ses partisans - qui ont toujours crié au "complot politique" - s'étaient déjà mobilisés en masse.
Cette fois, la manifestation a été organisée avec davantage de minutie par la direction de l'ANC, dont Jacob Zuma a emporté la présidence en décembre lors d'un congrès chahuté. Des autocars ont ainsi été affrétés pour transporter les militants de tout le pays vers Pietermaritzburg, fief du tribun zoulou. Le parti a même monté une grande tente blanche pour ses hauts responsables.
Vingt-deux membres du comité exécutif devaient ainsi "manifester leur soutien au président de l'ANC", a déclaré à l'AFP Jessie Duarte, porte-parole du parti, en promettant une manifestation conduite dans "le respect et la dignité". Jacob Zuma "n'est pas poursuivi mais persécuté" par la justice, a-t-elle de nouveau martelé.
Dans la foule se trouvaient le secrétaire général de l'ANC, Gwede Mantashe et le leader de la puissante confédération syndicale Cosatu, Zwelinzima Vavi. En juin, ce dernier s'était dit "prêt à tuer" pour Jacob Zuma, ce qui avait suscité une vague d'indignation dans le pays.
D'autres, moins illustres, exprimaient les espoirs placés dans le nouveau chef de l'ANC par les pauvres du pays, qui ont l'impression d'avoir été abandonnés par l'actuel chef de l'Etat Thabo Mbeki.
"C'est lui qui fera de l'Afrique du Sud un pays prospère où les gens auront le privilège d'avoir un travail. Les pauvres seront soutenus", déclarait ainsi Abraham Motaung, 72 ans, un simple sympathisant venu de la lointaine province du North-West.
L'Afrique du Sud est la première puissance économique du continent, mais plus de 40% de sa population vit toujours sous le seuil de pauvreté et le populaire - voire populiste - Jacob Zuma a su charmer les plus démunis.
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