PARIS (AFP) — La Bourse de Paris a de nouveau fini en forte baisse mercredi, le CAC 40 perdant 2,10% et retombant à son niveau du plus fort de la crise financière en mars, dans un marché où les valeurs financières ont connu une rechute.
L'indice parisien a abandonné 100,17 points à 4.660,91 points, dans un volume de transactions de 6,3 milliards d'euros. Depuis le début du mois, après plusieurs séances du même type, le recul de l'indice atteint 7%.
Londres et Francfort ont toutes deux cédé 1,78%, et l'Eurostoxx 50 1,83%.
La séance avait pourtant plutôt bien commencé (jusqu'à +0,75% dans les premiers échanges), menée par un rétablissement des cours des actions des banques. Mais elles ont ensuite complètement retourné la tendance après l'apparition de nouvelles craintes pour le secteur.
Le CAC 40 a ainsi lâché 90 points en une heure en début d'après-midi.
"C'est une sale journée, tant dans l'amplitude que dans la forme de la baisse", a dit à l'AFP Frédéric Rozier, de la société de gestion Meeschaert.
"Ce qu'on entend, c'est que l'augmentation de capital de Lehman Brothers ne serait pas suffisante, et que le président de Bank of America estime que certaines banques ne peuvent pas s'en sortir sans l'intervention de la Réserve fédérale américaine", a-t-il poursuivi.
La remontée très rapide des cours du pétrole, en fin de séance en Europe, a également précipité la chute, dans un contexte où, "clairement, le marché intègre une remontée des taux rapide de part et d'autre de l'Atlantique", selon M. Rozier.
"Le climat est redevenu très morose. (...) On ne voit pas ce qui pourrait redonner une bonne orientation. Même un hypothétique retournement du baril n'aurait pas beaucoup d'effet", a estimé le gérant.
Société Générale (-3,25% à 57,46 euros), BNP Paribas (-1,89% à 59,65 euros) et Crédit Agricole (-1,67% à 13,58 euros) ont mis fin en cours de séance à leur rebond de ces derniers jours.
Michelin (-6,37% à 47,78 euros), Veolia Environnement (-5,72% à 40,40 euros) et Saint-Gobain (-4,97% à 45,73 euros) ont été les valeurs les plus attaquées au sein du CAC.
Lagardère (-4,21% à 42,06 euros) a pâti de la révélation de son conflit avec le Crédit Mutuel, acquéreur en 2006 d'actions EADS dans des conditions qu'il estime biaisées par un éventuel délit d'initié.
Accor (-0,15% à 46,48 euros) s'en est sorti grâce à des informations de presse selon lesquelles la justice avait confirmé en appel le remboursement par l'Etat de 156 millions d'euros au groupe hôtelier, en vertu d'une jurisprudence européenne sur l'imposition des dividendes.
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