Mort de Gracq: Sarkozy, Bayrou, Aubanel, de Charette, saluent son oeuvre

PARIS (AFP) — Nicolas Sarkozy ont respectivement salué dimanche en Julien Gracq, décédé à 97 ans, "l'un des plus grands écrivains français du XXe siècle".

"Loin des modes et des cercles mondains, a construit une pensée originale et une oeuvre puissante". "Il a inspiré nombre d'auteurs. Sa réflexion sur la littérature a nourri l'épanouissement intellectuel et esthétique de générations entières d'élèves et d'étudiants", observe le chef de l'Etat dans un communiqué.

"Fidèle à son éditeur José Corti, fidèle à ses amis, à sa région et à ses convictions, Julien Gracq a été un auteur lucide et visionnaire, et un homme qui a cultivé au plus haut point les valeurs de la distinction et de la discrétion", selon le texte signé du président de la République.

"L'oeuvre et la pensée de Julien Gracq resteront ainsi comme une +falaise de marbre+, résistant aux assauts du temps et ouverte à toutes les interprétations", dit-il encore.

François Bayrou, président du MoDem - et agrégé de Lettres - a salué pour sa part en Julien Gracq, l' un des plus grands écrivains du dernier demi-siècle" dont l'oeuvre était "comme un signe de reconnaissance entre les esprits et les générations".

Il "vient de s'en aller avec la discrétion et la distinction qui étaient sa vraie nature", a déclaré à l'AFP l'ex-candidat à la présidentielle, rendant hommage à "une oeuvre d'une haute exigence, un univers romanesque que nul ne peut oublier, une langue sans concession".

"L'homme était à la hauteur de l'oeuvre. Eperdument épris de liberté, regardant la gloire et les honneurs avec distance et réserve, il avait choisi de vivre dans sa petite ville de Saint-Florent-le-Vieil d'où il regardait le monde avec hauteur", a encore observé le député béarnais.

"L'exigence de l'oeuvre et la haute figure de l'homme méritent également notre reconnaissance", selon lui.

La ministre de la Culture, Christine Albanel, a salué en Julien Gracq, "l'un des plus grands écrivains du XXe siècle", "auréolé du même halo de mystère et de poésie que ses héros de légende".

"Des enchantements du Château d'Argol aux magies du Rivage des Syrtes, Julien Gracq a dominé les lettres françaises, dans l'isolement choisi de ses bords de Loire", écrit Mme Albanel dans un communiqué.

"Il y a des livres qui sont comme des paysages: ceux de Julien Gracq dessinent en nous pour toujours une géographie à la fois précise et mouvante, familière et étrange, de civilisations rêveuses où cheminent le Destin et la tragédie", conclut la ministre, qui qualifie "cet immense écrivain" de "poète de +l'affinité des mots+, de leur +scintillement+".

L'ancien ministre Hervé de Charette, maire de Saint-Florent-le-Vieil (Maine-et-Loire), le village de Julien Gracq, a salué lui aussi dimanche la mémoire du "plus grand écrivain du XXe siècle".

"Saint-Florent-le-Vieil voit partir avec une profonde tristesse son citoyen le plus illustre au moment où les Français perdent le plus grand écrivain du XXe siècle", écrit M. de Charette (UMP) dans un communiqué.

"Nous les Florentais, qui le connaissions bien, nous entretenions avec lui une relation faite de discrétion et de passion", ajoute-t-il. "La ville de Saint-Florent-le-Vieil prendra les initiatives qui s'imposent pour conserver sa mémoire au service de tous ceux qui ont admiré son oeuvre si puissamment originale", poursuit-il.