Le journaliste Guillaume Dasquié se dit renforcé dans ses "convictions"
PARIS (AFP) — Le journaliste Guillaume Dasquié, qui a été mis en examen dans la nuit de jeudi à vendredi pour compromission du secret de la défense, se dit renforcé dans ses "convictions", dans un message publié vendredi sur son site internet geopolitique.com.
Guillaume Dasquié a été mis en examen dans la nuit de jeudi à vendredi pour compromission du secret de la défense, soupçonné d'avoir divulgué des éléments provenant de rapports de la DGSE relatifs au terrorisme dans un article du Monde du 17 avril 2007.
Il a été interpellé mercredi à son domicile parisien par six policiers de la DST qui ont effectué une perquisition.
parutions, avec encore plus de convictions", affirme M. Dasquié dans son message.
S'adressant à la ministre de l'Intérieur et ex-ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie, il écrit : "je pensais exercer un métier, vous m'avez démontré que c'est un sacerdoce. Grâce à vous, une détermination nouvelle désormais me conduit".
"Le journalisme d'investigation spécialisé sur la raison d'Etat constitue à mes yeux un garde-fou indispensable pour notre démocratie", poursuit le responsable éditorial de geopolitique.com.
"Il participe à nourrir l'esprit critique des citoyens éclairés. Et à ce titre, il représente un gage de sécurité plus important, plus fondamental encore, que tous les pelotons de la DST réunis", ajoute-t-il.
"Je me sens absolument outré. Cette garde à vue a consisté pour l'essentiel à porter atteinte à un droit sacro-saint des journalistes, c'est-à-dire à me contraindre à divulguer mes sources", a également déclaré M. Dasquié sur France Inter vendredi matin.
Le Syndicat national des journalistes (SNJ) a dénoncé d'autre part vendredi la mise en examen du journaliste Guillaume Dasquié pour compromission du secret défense et "l'organisation d'une censure moderne qui se caractérise par la criminalisation de l'enquête journalistique".
Le SNJ, premier syndicat de la profession, "refuse que les journalistes et les citoyens de notre pays soient les victimes de l'organisation d'une censure moderne qui se caractérise par la criminalisation de l'enquête journalistique afin de priver le public des informations qu'il est en droit de recevoir".
La perquisition et la mise en examen "résument toute la question posée par la protection des sources (...). Il y aurait des révélations +autorisées+ et d'autres pas", ajoute le SNJ.
Le SNJ "apporte tout son soutien" à M. Dasquié et "rappelle que depuis avril 2005 où il a déposé un texte de proposition de projet de loi pour harmoniser le droit français avec la jurisprudence européenne, les différents gardes des Sceaux n'ont pas suivi, en dépit de toutes leurs promesses et de l'engagement écrit du candidat Sarkozy".

