Braunschweig achève huit années fructueuses au Théâtre national de Strasbourg

STRASBOURG (AFP) — Directeur du Théâtre national de Strasbourg depuis l'été 2000, Stéphane Braunschweig achève ces jours-ci, avec une ultime création -- le "Tartuffe" de Molière --, un deuxième mandat qualifié par lui d'"heureux et riche" et chaleureusement plébiscité par le public.

Passé de 3.670 abonnés en 1999/2000 au chiffre record de 7.725 abonnés cette année, le TNS a plus que doublé la jauge des spectateurs fidèles et sa fréquentation est passée en huit ans de 53.572 spectateurs (pour 257 représentations) à 101.199 la saison dernière (252).

Le taux de remplissage depuis 2000 a toujours été supérieur à 90%, flirtant très souvent avec les 99%, et la part des jeunes (- de 26 ans) représente 30% de l'ensemble du public, indique le directeur du TNS avec une fierté légitime.

Son grand oeuvre est sans nul doute la constitution d'une troupe d'acteurs permanents rejointe chaque année par des jeunes acteurs recrutés pour un an ou deux à leur sortie de l'Ecole du TNS, "véritable pont professionnel entre le théâtre et l'Ecole", souligne-t-il.

En huit ans, 15 spectacles ont été créés avec la troupe du TNS et 10 d'entre eux ont été signés par le directeur-metteur en scène. Les cinq autres ont été créés dans des mises en scène de Ludovic Lagarde, Jean-François Peyret, Giorgio Barberio Corsetti, Laurent Gumann ou Claude Duparfait.

Ces 15 productions correspondent à 340 représentations au TNS et plus de 300 en tournée à Paris et dans de nombreuses villes de province.

Dans ses années TNS, Stéphane Braunschweig a créé "Prométhée enchaîné" d'Eschyle (2001), "La Mouette" d'Anton Tchekhov (2002), "Le Misanthrope" (2003) ou "Les trois soeurs" de Tchekhov (2007).

Toutes les créations de Braunschweig depuis 2002-2003 ont été enregistrées en DVD. "Ces +captations+ sont d'abord un témoignage du travail de la troupe que le public peut avoir envie de conserver ou de se remémorer", a expliqué le directeur du TNS.

C'est aussi, selon lui, le moyen pour le public de découvrir des pièces rarement jouées ou qui ont créé l'évènement, comme "Brand" ou "Couvrir ceux qui sont nus", ou encore de donner aux enseignants des outils permettant d'étudier de grands textes classiques.

En huit ans, 35 pièces ont été créées au TNS et 20 spectacles "qui n'auraient pas pu se faire sans nous" ont été coproduits avec des compagnies indépendantes, dont "Gespenter" (Les Revenants) mis en scène en allemand par Braunschweig et coproduit avec le Schauspielfrankfurt.

Pendant son mandat, près de 75 spectacles ont été accueillis, dont un tiers (24) en langue étrangère, surtitrés en français (ou en allemand), soit 100 représentations venant de 12 pays.

"Didier Julliard, responsable de la programmation, a inlassablement parcouru l'Europe pour découvrir de nouveaux spectacles", a expliqué Braunschweig. Parmi ces découvertes figurent les grands noms de la scène allemande comme Christoph Marthaler, Frank Castorf, Michaël Thalheimer (premières représentations en France), mais aussi les Polonais Krystian Lupa et Krysztof Warliskowski, le Russe Piotr Fomenko, l'Italien Giorgio Barberio Corsetti, ou la compagnie japonaise Nôgazu-za.

C'est aussi Braunschweig qui a créé à l'Ecole du TNS, dans laquelle il s'est beaucoup investi, la première section "mise en scène-dramaturgie" de France dont huit metteurs en scène sont sortis. Il est en outre à l'origine avec le Maillon de la création du festival "Premières", consacré aux jeunes metteurs en scène européens. La 4e édition de ce festival aura lieu début juin à Strasbourg.

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