Nucléaire nord coréen: rencontre à Singapour pour tenter de sortir de l'impasse

SINGAPOUR (AFP) — Les émissaires américain et nord-coréen se rencontraient mardi à Singapour pour tenter de régler les litiges qui bloquent le processus de dénucléarisation du régime communiste, moins d'un mois après un précédent entretien infructueux à Genève.

Peu avant la réunion avec son homologue nord-coréen, Kim Kye-Gwan, le négociateur en chef américain, Christopher Hill, a averti d'emblée qu'il restait "peu de temps" pour sortir de l'impasse.

"Je vais évoquer le fait qu'il reste peu de temps", a déclaré à des journalistes M. Hill. "Nous ne cherchons pas à parvenir à un accord. Je pense que nous essayons d'aborder certains points litigieux qui nous séparent depuis plusieurs mois (...)", a-t-il ajouté.

Vendredi, le département d'Etat américain avait annoncé la rencontre tout en tempérant les chances d'avancée. "Ceci fait partie d'un processus. Il est évident que nous espérons continuer à faire des progrès. Mais je n'ai aucune raison de croire qu'il s'agisse d'un moment décisif dans leurs discussions", avait indiqué un porte-parole du département d'Etat, Tom Casey. Américains et Nord-Coréens s'étaient déjà rencontrés à Genève le 14 mars mais l'entrevue n'avait permis aucune avancée.

Des discussions multilatérales entamées en août 2003 entre les deux Corée, les Etats-Unis, la Chine, le Japon, la Russie ont abouti le 13 février 2007 à l'engagement du Nord à renoncer à ses activités nucléaires contre une aide énergétique à Pyongyang d'un million de tonnes équivalent-pétrole, vitale pour ce pays de 23 millions d'habitants qui souffrent de graves pénuries.

Depuis, le régime communiste a affiché sa bonne volonté en arrêtant son principal réacteur de Yongbyon, épine dorsale de son programme nucléaire militaire où est traité le plutonium.

A l'issue d'un nouveau cycle de négociations à Six en septembre 2007 à Pékin, il avait également accepté de désactiver totalement, à la date du 31 décembre 2007, ses trois installations de Yongbyon (dont un réacteur expérimental de cinq mégawatts) et de fournir une liste complète de ses programmes avant un démantèlement complet prévu courant 2008.

Mais Pyongyang a laissé passer la date butoir et affirme avoir fourni les informations demandées en novembre alors que Washington juge que l'intégralité des programmes d'enrichissement d'uranium et des activités de prolifération de Pyongyang n'a pas été communiquée. La Corée du Nord, qui a procédé à son premier essai nucléaire le 9 octobre 2006, déplore pour sa part ne pas avoir reçu la totalité de l'aide énergétique promise.

Ces nouvelles discussions interviennent en outre dans un contexte de tension extrême entre les deux Corée, le Nord ayant annoncé la semaine dernière la rupture du dialogue avec Séoul. Le régime communiste reproche à sa voisine de soumettre sa vitale aide économique à des progrès tangibles sur le dossier nucléaire.

Mardi, le président conservateur sud-coréen Lee Myung-bak, qualifié de "traître" par la presse officielle nordiste, a plaidé pour la réussite des discussions à Singapour. "J'espère que les discussions seront un succès ouvrant la voie à un règlement de la question nucléaire nord-coréenne", a-t-il dit.

"Nous ferons des efforts pour améliorer les relations intercoréennes, mais les pourparlers à Six doivent être fructueux", a ajouté M. Lee, partisan d'une ligne plus ferme envers Pyongyang.