Traité de Lisbonne: ratification au pas de charge, baroud d'honneur du PS

PARIS (AFP) — L'opposition socialiste va livrer un baroud d'honneur pour un référendum mercredi soir à l'Assemblée nationale lors de l'examen au pas de charge du projet de loi autorisant la ratification du traité de Lisbonne, face à une majorité UMP sans vrais états d'âme.

Ce projet de loi doit être adopté jeudi par l'Assemblée puis vendredi au plus tard par le Sénat -soit 48 heures à peine après son passage mercredi matin en Conseil des ministres.

La folle semaine du traité a commencé dès lundi à Versailles où députés et sénateurs réunis en Congrès ont voté en deux heures la révision de la Constitution préalable.

A Versailles, une majorité de socialistes s'était abstenue ou avait dit "non" pour protester contre la ratification de Lisbonne par le Parlement et non par référendum.

Mercredi soir, le patron des députés PS Jean-Marc Ayrault devait demander une dernière fois un référendum, en regrettant que le chef de l'Etat s'y "dérobe", comme l'a déjà dit à Versailles Pierre Moscovici.

L'orateur de l'UMP, Axel Poniatowski, président de la commission des Affaires étrangères, devrait lui répondre en substance qu'une majorité de Français a voté pour Nicolas Sarkozy en sachant que l'actuel chef de l'Etat voulait un nouveau traité européen approuvé par le Parlement.

La motion référendaire du PS sera donc repoussée, sauf à imaginer que les députés de la majorité UMP soient moins nombreux que leurs collègues du PS dans l'hémicycle aux alentours de 23h00.

Hypothèse hautement improbable: "nous sommes tous mobilisés", sourit un UMP.

Après le rejet de sa demande, le groupe des députés PS va une dernière fois se diviser sur la ratification du traité de Lisbonne, que l'UMP va au contraire soutenir dans sa quasi-totalité.

Avec M. Ayrault la majorité des députés PS dira "oui" au traité de Lisbonne, conformément au vote de son bureau national fin novembre.

Les députés proches de Laurent Fabius ont annoncé qu'ils ne participeraient pas au vote.

"Je vais voter non, mais cela ne sert pas à grand chose hélas. Nous sommes minoritaires à l'Assemblée", soupire Henri Emmanuelli. "J'ai un grand regret: on pouvait bloquer M. Sarkozy à Versailles".

L'Assemblée puis le Sénat voteront ensuite jeudi le projet de loi autorisant le chef de l'Etat à ratifier le traité de Lisbonne sur les institutions de l'Europe (avec notamment un président du Conseil européen élu pour un mandat de deux ans et demi renouvelable).

Et la France sera le cinquième des 27 Etats membres de l'Union européenne à pouvoir dire "oui" au traité de Lisbonne, qui doit entrer en vigueur début 2009, après la Slovénie, la Hongrie, la Roumanie et Malte.