Municipales: plusieurs dirigeants nationaux à Périgueux où se représente Darcos

PERIGUEUX (AFP) — François Fillon, François Hollande et Alain Juppé le même jour: la municipale de Périgueux a suscité jeudi un embouteillage de ténors politiques, à trois jours d'un second tour âprement disputé.

Le maire UMP sortant et ministre de l'Education nationale, Xavier Darcos, a aussi enregistré le soutien personnel de Jean-Louis Demaret, un candidat divers droite qui avait obtenu 6% au 1er tour. Un ralliement tardif, et relativisé par la présence de plusieurs colistiers de M. Demaret au meeting du challenger socialiste Michel Moyrand.

M. Darcos, qui vise un 3e mandat, a été devancé de 56 voix au 1er tour par M. Moyrand, obtenant 45,25% des voix contre 45,70%. En 2001, face au même concurrent, Xavier Darcos avait été réélu dès le 1er tour avec 3.000 voix d'écart.

Entre-temps, Ségolène Royal a obtenu quelque 55% des voix dans la ville au second tour de la présidentielle de 2007. Alors que Mme Royal était venue soutenir Michel Moyrand le 25 février dernier, celui-ci a ironisé jeudi sur la venue successive à Périgueux de "quatre ministres, un président de la République (Nicolas Sarkozy le 15 février), un Premier ministre et un ancien Premier ministre" pour soutenir Xavier Darcos.

"Si M. Darcos est à ce point en difficulté, c'est bien parce que l'enjeu des élections municipales (...) n'est pas simplement local", a souligné de son côté le 1er secrétaire du PS François Hollande avant un meeting devant 500 personnes environ (800 à 900 selon le PS) au centre des congrès. Et "si M. Darcos est battu comme maire sortant, s'il est aussi battu comme ministre de Nicolas Sarkozy, c'est vrai que le résultat de Périgueux aura une résonance nationale", a ajouté M. Hollande.

Mais s'ils ont mobilisé leurs dirigeants nationaux, les deux camps estiment toutefois que la vraie clé du second tour sera la mobilisation des abstentionnistes, qui étaient 30% des 21.400 inscrits dimanche dernier.

C'est le credo qu'a lancé François Fillon aux 500 à 700 militants (1.200 selon l'UMP) réunis en fin d'après-midi pour un meeting au théâtre municipal. "A Périgueux comme dans toute la France", a-t-il dit, "rien n'est écrit, rien n'est joué d'avance (...) il ne faut pas qu'ils (les abstentionnistes) regrettent pendant six ans de s'être abstenus".

Le Premier ministre a livré un discours combatif, stigmatisant "une gauche qui dit non à tout", et promettant une nouvelle fois de "tenir le cap des réformes". Acclamé, il a longuement rendu hommage à son ministre, rappelant que "le service minimum à l'école, c'est Xavier qui l'a proposé" et soulignant que seuls les maires UMP soutiennent cette idée. Quant au maire de Bordeaux Alain Juppé, venu "en voisin et en ami", il a prêché la bonne parole dans les rues de la ville: "Vous avez un bon maire, gardez-le!".