JO: les athlètes français souhaitent porter un badge "pour un monde meilleur"
PARIS (AFP) — Les athlètes français ont annoncé vendredi lors d'une conférence de presse leur intention d'arborer un badge appelant à "un monde meilleur" et représentant les anneaux olympiques, à l'occasion du passage de la flamme olympique, lundi à Paris, et surtout des jeux Olympiques de Pékin.
Les membres de la commission des athlètes de haut niveau du Comité national olympique et sportif français (CNOSF), présidée par David Douillet, ont présenté ce badge, indiquant qu'il avait reçu l'aval du CNOSF mais que son port, lors des Jeux de Pékin, étaient encore l'objet de pourparlers avec le Comité international olympique (CIO).
"Avec ce badge, on remet les valeurs de l'olympisme au coeur des JO", a commenté le perchiste Romain Mesnil, l'un des initiateurs du mouvement des athlètes en faveur des droits de l'homme, "on doit rendre aux anneaux leur sens originel."
"On se réapproprie les anneaux", a ajouté l'ancien champion du monde du 400 m haies Stéphane Diagana qui a précisé que l'utilisation de ce symbole, théoriquement soumis à l'accord du CIO, ne posait pas de problème: "Sur le badge, les anneaux sont accolés au mot France - et sont soulignés du slogan "Pour un monde meilleur"- ce qui signifie que seul l'accord du CNOSF est nécessaire."
Le président du CNOSF, Henri Sérandour, est actuellement à Pékin où sont réunis les responsables des divers comités olympiques, et "négocie" l'acceptation du badge français par le CIO avec son président, Jacques Rogge
La charte du CIO interdit en effet toute manifestation politique ou religieuse sur un site olympique.
David Douillet a lui demandé aux médias de considérer ce geste comme l'unique signe des sportifs français à attendre avant les Jeux: "Une fois ça acquis, ils (les athlètes) vous demanderont de les laisser tranquilles jusqu'à Pékin. Laissez les se préparer et faire les JO dans la sérénité" a réclamé le double champion olympique.
Bernard Laporte, secrétaire d'Etat aux sports, s'est félicité de l'initiative française: "C'est la plus belle des réponses. C'est un geste fort. Un geste calme surtout. Ils respectent les fondamentaux de l'olympisme et ne sont pas instrumentalisés, pris en otage."

