PARIS (AFP) — Ségolène Royal a replacé in extremis la question des cotisations dans le débat, s'attirant des critiques parmi ses rivaux, alors que les militants PS votent pour le Congrès de Reims.
L'ex-candidate à la présidentielle, qui défend l'une des six motions en lice en vue du Congrès, a promis mercredi aux adhérents désargentés qui veulent voter, mais n'ont pas les moyens de payer leur cotisation, de faire en sorte de les "rembourser, en tout cas de trouver une solution".
Un "brûlot" qui resurgit régulièrement depuis le congrès de Rennes en 1990, selon un cadre socialiste.
Parti de gauche, le PS a choisi un système progressif pour fixer le niveau des cotisations, variant en fonction du revenu, chaque fédération décidant in fine du montant.
Chaque adhérent du PS verse, en moyenne, entre 50 et 60 euros par an à sa fédération, dont 16 -part nationale unique- sont obligatoirement reversés Rue de Solférino.
Les primo-adhérents bénéficient d'un tarif unique de 20 euros, formule instituée début 2006 pour permettre une large participation à la primaire présidentielle de 2007.
Arguant d'un parti qui "doit se reconnecter au peuple", Mme Royal veut abaisser la cotisation des militants à un tarif unique "très modique", de 10 à 20 euros. Si 70.000 militants ont été perdus en deux ans, c'est, à ses yeux, en raison du coût de l'adhésion. Le PS reçoit 20 millions d'euros de financements publics, ajoute-t-elle.
"La cotisation ne doit pas être un frein à l'adhésion, surtout dans les milieux populaires", souligne le numéro deux du parti François Rebsamen, soutien de Mme Royal.
Il rappelle toutefois que déjà, les chômeurs ne versent qu'une participation symbolique.
Kader Arif, secrétaire national aux Fédérations, souligne aussi "les mécanismes de solidarité" existant au sein des Fédérations en faveur des moins nantis.
La proposition de la présidente de Poitou-Charentes a suscité des critiques du côté des partisans du maire de Paris, favorables à un "parti de militants". "Il y a un mécanisme de progressivité et il ne faut pas prendre le risque d'entacher l'image de ce vote et de la démocratie interne au parti", a affirmé à l'AFP l'eurodéputé Harlem Désir, qui défend la motion de Bertrand Delanoë.
"Les adhérents paient leurs cotisations selon des règles qui sont les mêmes pour tous et indépendamment du vote qu'ils font!", s'exclame M. Désir. "C'est comme si un candidat proposait de rembourser leurs impôts aux électeurs qui votent pour lui".
La droite a aussitôt ironisé: Ségolène Royal a inventé "la prime au vote Ségolène", a persiflé Roger Karoutchi, secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement.
Dans les partis de droite et du centre, les cotisations tournent autour de 20 euros.
A l'UMP, le tarif plein est de 25 euros, 35 pour un couple, 10 pour les demandeurs d'emplois. Au MoDem, les moins de 21 ans paient 10 ou 20 euros, les autres 20 euros, les étudiants et demandeurs d'emploi 5. Au Nouveau Centre, le tarif plein est 20 euros, pour les jeunes 10 et les couples 30.
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