LONDRES (AFP) — En s'attaquant à la montagne Chelsea mardi en ouverture de la Ligue des Champions, Bordeaux, inconstant en L1, n'a rien à perdre et tout à gagner face au finaliste de la dernière édition, en tête de la +Premier League+ mais loin d'être véritablement concerné par sa venue.
- Chelsea l'indifférent. L'anecdote pourrait faire sourire mais, depuis plusieurs jours, Chelsea cherche désespérément des spectateurs pour remplir son stade de Stamford Bridge pour la venue des Girondins. Un comble au pays du football roi et des matches à guichets fermés. C'est dire l'importance accordée par les +Blues+ aux "petits" Français, 2e de L1 l'an dernier, pourtant entraînés par un champion du monde et ancien mancunien. "Pour moi, la Ligue des Champions n'est pas plus importante que le championnat", confie le Brésilien Luiz Felipe Scolari, nouvel entraîneur londonien. Que Bordeaux, coincé dans le calendrier de Chelsea entre Manchester City et Manchester United, ne s'en offusque pas, cela se passe souvent comme ça en Angleterre.
- Chelsea déjà prêt. Impressionnants de maîtrise samedi sur le terrain de City (3-1), les hommes d'Abramovitch sont repartis sur des bases très élevées: 3 victoires, 1 nul, 9 buts inscrits, une forme ascendante malgré les absences. Didier Drogba (suspendu) et Michael Essien (blessé) feront défaut mardi chez l'ancien finaliste qui récupère toutefois Michael Ballack après trois semaines d'absence. Chelsea, qui s'appuie désormais sur l'intelligence de jeu et de passes de son nouveau meneur portugais Deco (2 buts), opère toujours dans un 4-1-4-1 faisant la part belle à ses hommes forts Frank Lampard et Joe Cole, bonifié par le retour au premier plan de Nicolas Anelka (1 but avec les Bleus, 1 but avec les Blues la semaine dernière). Derrière, même si John Terry, malheureux lors de la finale à Moscou -il a raté le tir au but de la victoire-, a vu rouge samedi, il demeure l'homme de base aux côtés de Ricardo Carvalho.
- Bordeaux, un outsider pas à l'heure. Contrairement à leurs hôtes, les hommes de Blanc naviguent sans repères depuis le début de saison. Avec deux défaites en deux déplacements: à Paris (0-1) et surtout à Lille (1-2) où l'état d'esprit et l'implication ont été montrés du doigt. Face à Marseille (1-1), samedi, les Girondins se sont en partie rassurés, sans pour autant donner les garanties nécessaires avant son voyage outre-Manche. Bousculée, la défense, privée à Londres de Mathieu Chalmé, a du mal à confirmer sa bonne fin de saison dernière. Devant, Yoan Gouffran, passeur décisif face à l'OM, manque encore de repères collectifs et le meneur Yoann Gourcuff, peu habitué au rythme des matches rapprochés à Milan, pourrait tirer la langue. Ce dont il se défend: "Le fait de jouer Marseille ou Chelsea, dès l'échauffement, on ne sent plus la fatigue". A voir.
- Les raisons d'y croire. "Les joueurs de Chelsea ne nous connaissent pas beaucoup, ils partent un petit peu dans l'inconnu", souligne le milieu Alou Diarra. La saison dernière, Marseille n'était pas non plus dans de bonnes dispositions avant de s'offrir le scalp de Liverpool à Anfield. La petite expérience des Girondins dans cette épreuve, le souvenir cuisant des Reds il y a deux ans (défaite 3-0) et l'esprit compétiteur de leur coach sont des motifs pouvant les mener à se surpasser. "On a tout à gagner et rien à perdre. Un nul serait une grande performance, une victoire, un exploit", reconnaît l'attaquant Marouane Chamakh, atout numéro 1 des Girondins qui n'ont jamais marqué sur le sol anglais en trois confrontations (3 défaites, 6 buts encaissés).
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