PARIS (AFP) — La ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, a déclaré mardi vouloir limiter les dépassements d'honoraires dans les cliniques privées et revoir le mode de financement dans les hôpitaux qui pourrait les dissuader d'accueillir des patients "en situation de précarité".
"Les cliniques devront respecter des engagements tarifaires de non dépassement (d'honoraires), dès lors qu'elles se trouvent en situation de monopole local. Comment pourrait-on admettre que certains n'aient plus accès à une offre à tarif opposable (remboursable par la Sécu, ndlr) ?", a déclaré Mme Bachelot dans un discours prononcé après avoir inauguré le salon "Hôpital Expo", Porte de Versailles à Paris.
"Dans le même esprit, l'activité libérale à l'hôpital sera davantage encadrée. Peut-on admettre qu'un patient doive attendre plus d'un mois pour une intervention à l'hôpital et qu'il lui soit proposé de la faire très rapidement s'il a recours au secteur privé, dans ce même hôpital ?", a poursuivi Mme Bachelot.
La ministre a fait part de son intention de "faire évoluer la tarification à l'activité" dans les hôpitaux afin de "mieux prendre en compte la situation de précarité de certains patients".
"Je veux accroître les ressources allouées aux établissements ayant une proportion importante de patients en situation de précarité, cette précarité étant mesurée par le nombre de patients bénéficiaires de la CMU (couverture maladie universelle), de l'AME (aide médicale de l'Etat), du RMI (revenu minimum d'insertion), ou sans solution de logement stable durable", a indiqué la ministre.
Le financement à l'activité, que le président de la République, Nicolas Sarkozy, a décidé de porter de 50% à 100% dès cette année, risque de favoriser une "sélection" des patients en fonction de leur "rentabilité", selon la plupart des syndicats hospitaliers.
La ministre, qui a précisé que la réforme du système de santé qu'elle défendra devant le Parlement à l'automne sera notamment caractérisée par la "responsabilisation des acteurs", a également promis que d'ici deux ans, 90% de la population serait en mesure d'être prise en charge en moins de 20 minutes par une structure d'urgence, contre 80% actuellement.
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