PARIS (AFP) — Le numéro un du PS François Hollande a de nouveau accusé mardi Nicolas Sarkozy d'avoir "cherché l'épreuve de force" sur la réforme des régimes spéciaux de retraite et il a demandé des propositions pour permettre de "trouver une issue dans l'honneur et dans le respect".
"Le gouvernement avait des occasions pour le compromis, le dialogue et la solution mais le président de la République a cherché une épreuve de force", a déclaré M. Hollande aux journalistes en arrivant pour une rencontre au sommet des partis de l'ex-"gauche plurielle" à Paris. Face à "un mouvement qui commence et dont on ne connaît pas la durée, je demande au président de République de faire en sorte qu'il y ait des modalités proposées aux syndicats pour trouver une issue dans l'honneur et dans le respect", a ajouté le leader socialiste.
Interrogé sur un éventuel soutien du PS aux grévistes, M. Hollande a répondu: "Nous soutenons tous ceux qui veulent par leur lutte trouver une issue à ce conflit, il ne faut pas que les Français en soient les victimes". "Les grèves doivent être les plus courtes possibles", a-t-il ajouté.
La direction du PS s'est gardée d'apporter un soutien direct aux grèves annoncées, préférant critiquer la "méthode" du gouvernement sur la réforme des retraites, une prudence critiquée par le PCF mais aussi par une partie des responsables socialistes.
Le PS dénonce le gouvernement plus qu'il ne soutient les grévistes et leurs revendications dans le conflit sur les régimes spéciaux de retraite, une prudence critiquée par le PCF mais aussi par une partie des responsables socialistes.
Pour la direction du parti de François Hollande, c'est, comme il le dit de la quasi-totalité des réformes de la droite depuis 2002, "la méthode" gouvernementale qui est en cause. Les fabiusiens, la gauche du PS et les communistes, eux, refusent de "dissocier le fond et la forme", selon le mot du socialiste Benoît Hamon.
Lundi, la secrétaire nationale du PCF, Marie-George Buffet, a justifié la grève par "une attaque frontale contre les droits et acquis" des salariés. La numéro un communiste a prôné "une réforme du financement des retraites" pour "revenir à 37,5 ans de cotisations".
Au PS, un porte-parole, le député Bruno Le Roux, a accusé l'exécutif de rechercher "une épreuve de force", l'appelant "solennellement" à négocier pour "empêcher le blocage du pays". Interrogé pour savoir si le parti "soutenait les grévistes", M. Le Roux a répondu: "nous soutenons les syndicats dans la demande qu'ils font d'une négociation qui soit meilleure".
Ségolène Royal est sur la même ligne: l'ex-candidate socialiste à l'élection présidentielle critique "l'arrogance et l'archaïsme" du pouvoir.
C'est "effectivement une question de méthode", selon le strauss-kahnien Jean-Marie Le Guen, pour qui le gouvernement devrait "échanger quelque chose", sur le pouvoir d'achat ou les carrières, moyennant le passage à 40 ans de cotisations.
Le Bureau national du PS avait pris position début septembre pour "une évolution négociée des régimes spéciaux" mais "dans le cadre d'une négociation globale des retraites" afin de ne pas "désigner du doigt" les bénéficiaires de ces régimes.
Sur ce sujet aussi, les socialistes ne sont pas d'accord entre eux. A la rentrée, les députés "rénovateurs" Manuel Valls et Arnaud Montebourg, plutôt proches de Ségolène Royal, avaient approuvé l'alignement des régimes particuliers sur le régime général pour la durée d'activité. "En contrepartie de droits nouveaux" pour les salariés accomplissant les tâches les plus pénibles, avait précisé M. Montebourg.
Lieutenant de Laurent Fabius, Claude Bartolone a réclamé lundi "une position ferme" et "une solidarité sans faille" aux côtés des grévistes car, a-t-il dit, le gouvernement Fillon veut "mettre les salariés à genoux".
"Face au premier mouvement social d'ampleur du quinquennat, le PS doit être à l'offensive", renchérit Guillaume Bachelay, un fabiusien membre du Conseil national du parti. Selon lui, "le gouvernement a dans les mains un rasoir à trois lames: stigmatiser les régimes spéciaux puis, après ce ballon d'essai, démanteler les retraites de la fonction publique, enfin casser le régime général". Tous les salariés seraient donc concernés.
Tonalité voisine chez Benoît Hamon (gauche du PS), pour qui le PS doit apporter son "soutien aux mobilisations" puisque "l'objectif du gouvernement est de remettre en cause le modèle social français".
Le député européen combat l'idée qu'"il y aurait une bonne et une mauvaise manière de faire la même réforme". Et de s'élever contre "une sorte de démon" s'emparant du parti et consistant à penser que "pour être moderne, il faudrait acquiescer à la nécessité de remettre en cause l'un des piliers de la solidarité".
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