SAINT-DIZIER (AFP) — Après une semaine de "micro-incidents" suivie par une flambée de violences qui a embrasé jeudi soir la cité du Vert-Bois à Saint-Dizier, le calme était revenu vendredi dans cette sous-préfecture de la Haute-Marne.
"Le calme est revenu (...) et la situation est totalement maîtrisée", a indiqué à l'AFP François Cornut-Gentille, député-maire (UMP) de Saint-Dizier, après de violentes échauffourées qui ont opposé des jeunes aux forces de l'ordre et aux pompiers.
Arrivée sur les lieux en milieu de journée, la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, a jugé "indispensable" que "pompiers, policiers et gendarmes aient le respect auquel ils ont droit".
Les violences ont démarré jeudi vers 21H45 lorsque trente à quarante jeunes, "encagoulés et masqués" et âgés de 12 à 20 ans, ont attaqué un fourgon de pompiers et un véhicule de la Brigade anti-criminalité (BAC) intervenant près du centre commercial du Vert-Bois. Les deux véhicules ont été caillassés et frappés à coups de barre de fer.
En moins d'une heure, trois pompiers et un policier de la BAC ont été légèrement blessés, 41 voitures incendiées ou dégradées, trois immeubles incendiés --la maison des jeunes et de la culture, l'office public HLM et le local d'une agence de location automobile-- et un abribus détruit par les casseurs, selon un bilan officiel donné par le directeur de la Sécurité publique de la Haute-Marne, Michel Klein.
"La technicité dans le mode opératoire, barres à mine et cagoules, nous donne à penser que ces échauffourées n'ont rien eu de fortuit ou de spontané mais qu'au contraire, elles ont été l'oeuvre d'individus organisés et prêts à en découdre" avec la police et les pompiers, a estimé le procureur de la République de Chaumont, Jean-Claude Dumarets, lors d'une conférence de presse à la mairie de Saint-Dizier.
"Ces faits constituent des crimes passibles de la cour d'assises où leurs auteurs risqueront de 15 à 20 ans de réclusion criminelle", a-t-il ajouté en indiquant qu'une enquête en crime flagrant avait été confiée au service régional de police judiciaire de Reims.
"Il s'agit de dégradations volontaires commises en bande organisée avec des substances explosives et/ou incendiaires", a encore dit le magistrat.
L'origine exacte des affrontements demeurait floue vendredi. Selon M. Cornut-Gentille, un individu qui avait giflé un policier de la BAC il y a une semaine a été interpellé jeudi, ce qui aurait "pu jouer le rôle de prétexte". Une "petite bande très organisée, un noyau de provocateurs" attendaient ce type d'événements pour "régler des comptes anciens", a-t-il avancé.
"Visiblement, l'action, menée avec une grande rapidité, a été concertée", a confirmé une source sous couvert de l'anonymat. Selon elle, "les pompiers, accompagnés par la police, sont arrivés sur les lieux suite à un feu de poubelle et se sont faits encercler et caillasser".
Vendredi soir, les policiers n'avaient encore procédé à aucune interpellation. "Nous disposons toutefois d'une bande vidéo pris par une caméra sur un immeuble", a indiqué le procureur Dumarets.
Pour assurer la sécurité du quartier, où vivent quelque 13.000 personnes, près de la moitié de la population de Saint-Dizier, 80 CRS ont pris position au Vert-Bois, "où ils demeureront le temps qu'il faudra", a ajouté le préfet de la Haute-Marne, Yves Guillot.
Les autorités ont également lancé un appel à témoins pour débusquer les vandales.
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