Rassemblement à l'AFP contre les "attaques" de responsables politiques

PARIS (AFP) — Entre 150 personnes selon la police et 300 selon les organisateurs se sont rassemblées mercredi devant le siège de l'AFP à Paris pour protester contre les "attaques répétées" émanant de "hauts responsables politiques français" contre l'Agence France-Presse.

A l'appel de l'ensemble des syndicats de l'AFP, des salariés avaient collé sur leur bouche des autocollants, afin de symboliser une Agence "bâillonnée", et apporté les piles de communiqués reçus au cours des derniers jours. Ils ont déployé une grande banderole sur la façade de l'AFP sur laquelle était inscrit: "AFP menacée, presse bâillonnée, libertés en danger".

Début mai, le porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre, a accusé l'AFP de "censure", lui reprochant de n'avoir pas traité certains des communiqués de son parti relatifs à une condamnation en justice de l'ancienne candidate socialiste à la présidentielle, Ségolène Royal. Le porte-parole du gouvernement Luc Chatel, a de son côté évoqué des "dysfonctionnements" de la part de l'Agence.

Dans un entretien aux Echos lundi, le Pdg de l'AFP Pierre Louette a indiqué que l'AFP n'était "en conflit ni avec l'UMP ni avec aucun autre parti" et s'est inscrit "en faux contre l'idée qu'il existerait +une ligne éditoriale+ de l'Agence".

"M. Lefebvre se trompe de lieu, de pays. Nous ne sommes pas une agence de communication, mais une agence mondiale d'information", a déclaré Patrick Kamenka (SNJ-CGT), affirmant "qu'accuser l'AFP d'être au service de qui que ce soit est un mensonge éhonté".

"Tout ce que nous demandons, c'est de pouvoir continuer à travailler librement comme nous le faisons depuis 50 ans avec notre statut qui garantit notre indépendance", a déclaré le président de la Société des journalistes (SDJ) de l'AFP, Christophe Beaudufe.

Des journalistes d'autres médias étaient présents au rassemblement, ainsi que le secrétaire général de Reporters sans Frontières (RSF), Robert Ménard.