PARIS (AFP) — Nicolas Sarkozy s'entretiendra le 12 juillet à Paris avec le président syrien Bachar al-Assad, qui participera le lendemain avec une quarantaine d'autres chefs d'Etat et de gouvernement au sommet lançant le projet d'Union pour la Méditerranée (UPM), a indiqué mardi l'Elysée.
Le président de la République recevra le chef de l'Etat syrien "le 12 en bilatéral parce que les deux pays ont des choses à se dire et des choses à construire", a précisé la même source.
"Le président syrien n'est pas un parfait exemple en matière de respect des droits de l'Homme, mais il a fait des efforts", a-t-on ajouté, citant notamment "l'élection d'un président au Liban (...), la reprise des négociations, même indirectes, entre la Syrie et Israël, qui est un fait politique majeur".
"On doit à l'évidence l'encourager", a-t-on poursuivi, justifiant cette démarche par "la nécessité de séparer la Syrie de l'Iran" et la décision du président syrien de venir à Paris "avec des dirigeants arabes autour de la même table que le Premier ministre israélien" pour le lancement de l'UPM.
"Tous les dirigeants israéliens que le président a rencontré la semaine dernière (lors de sa visite d'Etat en Israël) l'ont félicité d'avoir invité le président syrien à Paris en lui disant +vous nous aidez+", a-t-on également souligné à l'Elysée.
La rencontre entre MM. Sarkozy et al-Assad sera la première entre les chefs d'Etat des deux pays depuis la décision de Jacques Chirac de couper les liens avec le régime syrien après l'assassinat en 2005 de son "ami", l'ex-Premier ministre libanais Rafic Harari.
M. Hariri avait été tué lors d'un attentat pour lequel une commission d'enquête internationale a mis en cause de hauts responsables des services de sécurité syriens. Damas a toujours nié toute implication dans cet attentat.
Nicolas Sarkozy avait repris à l'automne dernier les contacts directs avec le régime du président syrien afin de permettre l'élection au Liban d'un successeur au président libanais Emile Lahoud.
Le chef de l'Etat français avait suspendu fin décembre ces contacts, faute d'avoir obtenu de Damas un geste permettant l'élection du président chrétien Michel Sleimane au Liban. Il les a repris après la signature de l'accord interlibanais en mai à Doha et l'élection du général Sleimane.
Comme une quarantaine d'autre chefs d'Etat et de gouvernement des pays, Bachar al-Assad a été invité par la France à participer le 13 au sommet de lancement de l'Union pour la Méditerranée (UPM) et, le lendemain, au traditionnel défilé militaire qui marque la Fête nationale.
Son éventuelle présence le 14 juillet sur les Champs-Elysées a suscité la polémique en France et dans la majorité anti-syrienne au Liban.
Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner avait lui-même confié que sa présence ne le "remplit pas d'aise" mais qu'il est "important de parler avec des gens qui s'opposent".
L'Elysée a répété mardi que le secrétaire général des Nations unies Ban ki-Moon était "l'unique invité" de la France pour le défilé militaire du 14 juillet et que "tous les autres chefs d'Etat et de gouvernement sont invités au titre du sommet de l'Union pour la Méditerranée".
La présidence française a précisé qu'elle ferait savoir le 12 juillet, à l'issue de son entretien avec Nicolas Sarkozy, si Bachar al-Assad resterait le 14 pour le défilé militaire parisien.
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