Deux mois de prison avec sursis pour le faux Burgaud, reporter à Paris Match

BORDEAUX (AFP) — Le tribunal correctionnel de Bordeaux a condamné mardi à deux mois de prison avec sursis un reporter de Paris Match qui, en janvier 2006, avait tenté de se faire passer pour le juge Burgaud afin de consulter son dossier de scolarité à l'IEP de Bordeaux, a-t-on appris vendredi auprès de l'un des avocats du magistrat.

Cette peine est plus sévère que la "publication judiciaire" et "le stage citoyen" demandés par le représentant du parquet, a indiqué Me Benoît Ducos-Ader qui, au côté de Me Patrick Maisonneuve, défendait les intérêts de Fabrice Burgaud.

Les magistrats bordelais n'ont pas suivi les arguments de l'avocat du journaliste, Me Lef Forster. L'avocat parisien a indiqué à l'AFP qu'il avait demandé la relaxe, affirmant qu'il n'y avait pas eu d'intention d'usurper l'identité du juge, le reporter ayant bénéficié d'abord d'un "malentendu" puis du fait qu'on "ne lui a pas demandé ses papiers".

Le 26 janvier 2006, alors que les auditions de la Commission Outreau avaient commencé depuis une dizaine de jours, Olivier O'Mahony avait été interpellé à l'institut d'études politiques de Bordeaux. Le journaliste tentait de se faire remettre le dossier scolaire de Fabrice Burgaud.

Selon la direction de l'établissement, où Fabrice Burgaud a été étudiant de 1990 à 1995 avant d'intégrer l'Ecole nationale de la magistrature, le reporter avait téléphoné la veille et s'était fait passer pour le juge.

Le reporter de Paris Match avait été interpellé et placé en garde à vue, après avoir été démasqué par un enseignant venu saluer son ancien élève.

Quelques jours plus tard, Fabrice Burgaud avait porté plainte, le tribunal lui a accordé un euro de dommages-intérêts.