Manuel Valls reproche au PS de ne pas avoir le "courage de dire clairement les choses"

PARIS (AFP) — Le député PS Manuel Valls a accusé le pouvoir exécutif d'avoir laissé "pourrir" la situation dans les conflits sociaux mais il a souhaité que "la grève s'arrête vite" et il a reproché au PS "de ne pas avoir le courage de dire clairement les choses" concernant les retraites.

Il faut que "la grève s'arrête vite et qu'une négociation puisse aboutir à des accords indispensables entre les entreprises, l'Etat et les syndicats", a déclaré M. Valls sur France Inter.

Il a accusé le président de la République et le gouvernement d'"avoir laissé pourrir la situation" et d'avoir "cherché une forme de victoire politique sur les syndicats pour masquer ce qui est l'échec de sa politique économique".

Mais le député-maire d'Evry s'est surtout livré à une virulente critique de l'attitude du Parti socialiste qu'il a appelé à se ressaisir."Il aurait fallu dire plus clairement que nous sommes favorables à l'harmonisation des régimes de retraite et donc à l'alignement des régimes spéciaux sur le régime général de la Fonction publique", a-t-il affirmé.

"Il faut travailler sur un allongement progressif de la durée de la cotisation. Ca vaut évidemment pour les régimes spéciaux, ça vaudra demain pour le régime général", a-t-il martelé jugeant que la négociation devrait alors porter "sur la revalorisation des pensions et notamment des petites retraites et sur la prise en compte réelle de la pénibilité".

"Nous n'avons pas le courage de dire clairement les choses", a-t-il reproché à la direction du PS. "Par exemple, nous aurions dû être plus clairs, plus courageux en 2003 au moment de la réforme Fillon. Nous aurions dû soutenir les initiatives de la CFDT et de François Chérèque".

"On n'a pas assez travaillé sur les changements du monde et sur les évolutions de la société française", a plus généralement estimé M. Valls qui aurait souhaité qu'un congrès extraordinaire se tienne rapidement après la présidentielle, "pour réidentifier ce que doit être la gauche, discuter des alliances". Il a jugé que "la faute" en revenait "évidemment à François Hollande et à tous ceux qui n'ont pas souhaité ce changement".