PARIS (AFP) — Le conseil d'administration du CNRS, que la mobilisation des chercheurs avait empêché de se tenir le 19 juin, a adopté mardi matin un projet de réforme amendé, qui entérine le principe d'une structuration en instituts disciplinaires chargés d'encadrer les laboratoires.
Le Centre national de la recherche scientifique est actuellement organisé autour de six départements scientifiques, qui regroupent souvent plusieurs disciplines, et deux instituts nationaux pour la physique nucléaire et les sciences de l'univers.
Le "Plan stratégique Horizon 2020" adopté mardi affirme que "toutes les disciplines actuellement représentées au CNRS ont vocation à y rester et à se structurer en Instituts", selon un communiqué du CNRS.
Il doit redéfinir les relations entre le plus gros organisme de recherche français et les universités qui deviendront autonomes, et renforcer "la dimension pluridisciplinaire au niveau de la direction générale", selon ce communiqué.
Le périmètre et l'organisation des instituts seront précisés dans un contrat qui sera signé avec l'Etat d'ici la fin de l'année.
"Le plan a été adopté par 18 voix contre 6", a déclaré à l'AFP Daniel Steinmetz, représentant du personnel CGT au conseil d'administration. Les 4 représentants du personnel et 2 des syndicats au niveau national ont voté contre.
La ministre de la recherche Valérie Pécresse s'est aussitôt félicitée de l'adoption d'une réforme "qui prend acte de la structuration en instituts disciplinaires, qui était attendue et qui est nécessaire".
La restructuration du CNRS complète la réforme de la recherche en France, après l'adoption l'été dernier de la loi LRU sur l'autonomie des universités, que la mobilisation étudiante à l'automne n'est pas parvenue à faire capoter, et la réorganisation en huit instituts de l'Inserm (recherche médicale), entérinée fin mars.
Après le revers essuyé le 19 juin, Valérie Pécresse avait assuré la semaine dernière au conseil scientifique du CNRS que l'intégrité de l'organisme serait maintenue.
Les chercheurs s'étaient notamment inquiétés de l'avenir des sciences du vivant et de l'informatique au sein du CNRS, alors que la ministre avait envisagé que ces domaines soient coordonnés par l'Inserm et l'Institut National de Recherche en Informatique et en Automatique (Inria).
"Dans les domaines que sont les sciences du vivant et l'informatique, le plan acte qu'il y aura une coordination au plan national", a déclaré Mme Pécresse à l'AFP.
Le président de Sauvons La Recherche Alain Trautmann a estimé que le gouvernement avait remporté "une petite victoire tactique" mais qu'"il est indéniable qu'il y avait des reculs" par rapport à la première mouture du projet qui visait "à démanteler le CNRS".
Il a appelé les chercheurs à rester mobilisés, notamment sur la question du budget et des postes, ainsi qu'à l'occasion de la définition du périmètre et de l'organisation de chaque institut.
Entre 100 et 150 chercheurs étaient présents mardi matin dans la cour du siège du CNRS à Paris pour protester contre l'adoption du plan.
Une délégation syndicale a été reçue par le conseil d'administration auquel elle a remis une déclaration.
La réforme "répond à la mise en place d'une politique de recherche sur projets dont la première conséquence est la montée de la précarité des emplois" indique ce texte signé notamment par des représentants du Syndicat national des chercheurs scientifiques (SNCS-FSU), du SNTRS-CGT et de l'association Sauvons La Recherche.
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