ISS: Discovery va livrer le grand module de Kibo, laboratoire orbital nippon

WASHINGTON (AFP) — La navette américaine Discovery avec sept membres d'équipage, dont un Japonais et une femme, doit être lancée samedi vers la Station spatiale internationale (ISS) pour y livrer le principal module du laboratoire japonais Kibo, le plus grand et le mieux équipé de l'avant-poste orbital.

Le lancement est prévu à 17H02 locales (21H02 GMT) du Centre Spatial Kennedy près de Cap Canaveral en Floride (sud-est), si les conditions météorologiques le permettent.

Kibo, dont le premier élément - le module logistique d'expérimentation pressurisé ELM-PS, servant surtout d'entrepôt - avait été acheminé à l'ISS par une navette spatiale en mars, complètera l'architecture de l'ISS.

Avec Kibo, qui signifie "espoir" en japonais, le Japon devient membre à part entière de l'ISS avec les Etats-Unis, la Russie et l'Europe dont le laboratoire Columbus a été livré en février par la navette Atlantis.

La partie principale de Kibo ("Pressurized Module") est un gros cylindre de la taille d'un bus mesurant 11,2 m de longueur sur 4,4 m de diamètre avec une masse à vide de 15,9 tonnes. Il est doté de son propre système de manipulation télécommandée avec un bras robotisé.

Le lancement du troisième et dernier composant de Kibo, appelé "Exposed Facility" ou EF, est programmé pour mars 2009.

Le Japon a consacré environ 2,8 milliards de dollars (250 milliards de yen) au programme Kibo, sa participation majeure à l'ISS.

Outre l'installation du principal module de Kibo, les astronautes de Discovery inspecteront notamment le mécanisme de rotation endommagé d'une des antennes solaires de la Station et remplaceront un réservoir d'azote pour le système de climatisation de l'ISS.

Toutes ces tâches nécessiteront trois sorties orbitales de quelque 6,5 heures chacune par deux astronautes.

"C'est une mission extrêmement compliquée", a estimé Bill Gerstenmaier, l'administrateur associé de la Nasa.

Il s'agira du troisième vol d'une navette cette année sur cinq prévus, dont la dernière mission d'entretien et de réparation du télescope Hubble prévue le 8 octobre.

Le lancement de Discovery marquera une étape clé, car ce sera le dixième vol depuis l'accident de Columbia en février 2003 et il en restera ensuite dix autres avant la mise en retraite des trois orbiteurs le 1er octobre 2010, a souligné John Shannon, le responsable du programme de la navette.

Après le vol de Discovery pour la mission STS-124 et celui pour le dernier entretien d'Hubble, sept vols seront encore nécessaires pour terminer l'assemblage de l'ISS.

Deux vols sont également prévus pour transporter les pièces de rechange indispensables à l'entretien de la Station lors des prochaines années quand la navette ne sera plus en service, selon Bill Gerstenmaier.

La Nasa a aussi décidé de procéder à la mission de Discovery malgré l'absence de résultats des autorités spatiales russes sur l'anomalie constatée lors des deux derniers vols de rentrée dans l'atmosphère des Soyouz. Cela ne met pas en question le statut de véhicule de secours du Soyouz actuellement amarré à l'ISS, a dit Bill Gerstenmaier de retour d'une visite à Moscou.

Fin avril, un Soyouz avec trois astronautes à bord dont l'Américaine Peggy Whitson, de retour de l'ISS, a dévié de sa trajectoire pour se poser à 420 km du point d'atterrissage prévu et ce après une entrée dans l'atmosphère ayant fait subir à ses occupants des forces gravitationnelles anormales. Un incident similaire s'était produit lors du précédent vol d'un Soyouz.

Les expériences conduites en micro-gravité dans l'ISS sont jugées essentielles pour préparer les vols habités de longue durée vers la Lune et au-delà vers Mars.

L'ISS est un projet de cent milliards de dollars auquel participent 17 pays.