METZ (AFP) — Elus, syndicats, collectivités locales et industriels ont appelé lundi Nicolas Sarkozy à tenir sa "promesse" de maintenir en activité l'aciérie de Gandrange (Moselle) dont ArcelorMittal, qui ne veut pas vendre, doit confirmer vendredi la fermeture partielle.
La charge a été menée par le Parti socialiste (PS) qui a exigé du chef de l'Etat qu'il "tienne les promesses faites devant les salariés" lors de la visite qu'il a effectuée le 4 février dans l'usine mosellane.
"Il serait incompréhensible que cet engagement du président de la République ne soit pas tenu", a estimé à Paris Stéphane Le Foll, bras droit du premier secrétaire François Hollande.
"Soit nous arrivons à convaincre Lakshmi Mittal, (le patron indien d'ArcelorMittal, de revenir sur son plan de restructuration, ndlr) et nous investirons avec lui, soit nous trouvons un repreneur, et nous investirons avec lui", avait assuré à Gandrange le président de la République devant 400 sidérurgistes.
"Votre visite à Gandrange (...) vous place en première ligne", a lancé à l'adresse de Nicolas Sarkozy, le président (PS) du conseil régional de Lorraine, Jean-Pierre Masseret. "M. Mittal, la seule personne à décider en dernier ressort, vous doit des explications" sur la fermeture de Gandrange, a ajouté M. Masseret dans une lettre transmise lundi à l'Elysée
Dimanche, la porte-parole du groupe PS à l'Assemblée et députée de Rombas (Moselle), Aurélie Fillippetti, avait annoncé qu'elle demanderait "l'appui" du Premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, car, selon elle, "il y a fort à craindre que les belles paroles du président de la République ne soient que des effets d'annonce".
Le plan de restructuration annoncé début janvier par ArcelorMittal prévoit une fermeture d'ici à avril 2009 de l'aciérie électrique et du train à billettes (installation de laminage), entraînant la suppression de 575 des 1.108 emplois de l'usine spécialisée dans les aciers longs, le segment le plus profitable de la métallurgie.
La CFDT avait indiqué samedi que le groupe allait confirmer ce plan lors d'un comité d'entreprise devant se tenir vendredi à Metz.
Lundi à Paris, la direction d'ArcelorMittal France a officiellement déclaré, pour la première fois, que la question de la cession de Gandrange "ne se posait pas", répétant qu'elle "n'avait reçu aucune offre" de reprise du site.
M. Sarkozy doit "forcer" M. Mittal à vendre Gandrange, a estimé pour sa part à Amnéville (Moselle) Alain Stahl, directeur de cabinet du député-maire (UMP) de la ville, qui a présenté vendredi à Bercy le groupe sidérurgique brésilien Gerdau comme candidat à la reprise.
Mais en fin de journée, Gerdau a démenti vouloir reprendre l'usine mosellane. "Gerdau (...) n'est pas intéressé par l'acquisition de l'usine d'Arcelor-Mittal", a affirmé le sidérurgiste brésilien dans un communiqué publié à son siège de Porto Alegre (Brésil) alors que le ministère de l'Economie venait de confirmer que des dirigeants du groupe avaient été reçus vendredi à Paris.
Les syndicats ont également demandé à M. Sarkozy de tenir la "promesse faite à Gandrange". "Le président de la République a dit que le site ne fermerait pas. Il faut que sa promesse soit tenue", a estimé le secrétaire général de Force Ouvrière, Jean-Claude Mailly.
A Gandrange, la CFDT a demandé à être reçue à l'Elysée. "Nous attendons du président qu'il s'explique sur les entretiens de Bercy avec Gerdau", a déclaré Patrick Auzanneau, responsable CFDT d'ArcelorMittal France.
Interrogé à Paris, le Premier ministre, François Fillon, a réaffirmé l'objectif du gouvernement que "tous les emplois" soient préservés mais aussi que "les capacités industrielles de notre pays, en particulier dans le domaine de la sidérurgie, ne se réduisent pas".
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