Défilés parisiens : Valentino sans froufrou, Saint Laurent conquérant

PARIS (AFP) — Valentino a abandonné jeudi ses froufrous et son glamour hollywoodien sans pour autant renoncer à son élégance raffinée, dans la première collection de sa nouvelle directrice artistique, Alessandra Facchinetti, l'une des plus attendues de la semaine de la mode parisienne.

Dans le cadre des défilés de prêt-à-porter fémininin pour l'hiver, l'ex-directrice artistique de Gucci, nommée en septembre dans la perspective du départ de Valentino, a proposé une garde-robe qui modernise le style de la griffe tout en respectant son esprit.

Le public réuni dans une salle du palais de Chaillot (XVIe), moins nombreux que celui des shows Valentino, ne s'y est pas trompé: il a chaleureusement applaudi l'élégance sans fioritures de la collection.

Alessandra Facchinetti imagine l'hiver en tailleurs à jupes fluides et courtes vestes, manteaux trapèze à double boutonnage doré, fines robes à la taille marquée d'une ceinture à boucle géométrique or. Les manches s'élargissent souvent en bulbe, des cascades de volants semblant découpés au laser ornent robes et jupes. Les robes longues sont moins hollywoodiennes que celles de son prédécesseur et les couleurs sans agressivité.

Le célèbre rouge Valentino apparaît en fin de défilé, notamment avec une longue robe bustier à feuilletage vertical qui a particulièrement séduit l'actrice Julie Gayet.

C'est "élégant, dans l'esprit de Valentino, mais plus moderne", a-t-elle déclaré à l'AFP à propos de la collection.

Pour la réalisatrice Yamina Benguigui, "il y a quelque chose peut-être de plus aérien, de plus féminin" que précédemment. C'est "non seulement jeune, mais il y a quelque chose d'extrêmement féminin dans le graphisme des robes. Mais c'est subtil, ce n'est pas tranché. On a l'impression que l'on reconnaît l'esprit de la maison et d'un seul coup elle (Alessandra Facchinetti) nous a emmenés ailleurs".

La styliste n'avait qu'un objectif: "élégance, pure élégance et féminité, tout tourne autour de cela", a-t-elle déclaré à l'issue du défilé. Le style Valentino est "la base fondamentale de mon travail. Ca ne peut pas être changé. Il n'y a que les proportions qui changent, elles sont plus actuelles".

Valentino, 75 ans, a fait ses adieux à la mode en janvier, après 45 ans de carrière.

Chez Yves Saint Laurent, Stefano Pilati a mis en scène des conquérantes intergalactiques au teint pâle, aux lèvres bleues et aux cheveux noirs coupés au bol, qui martèlent le podium avec leurs boots stiletto à patin. Sous un assemblage de grandes voiles blanches mis en place dans le Grand Palais, elles marchent la tête haute, le cou enserré dans un collier de chien ou un col roulé noir, les poignets parfois pris dans des manchettes.

Le styliste a dessiné des robes housses bi-matière (tweed bleu sur le devant, satin gris dans le dos), des chemises blanches ou en mousseline transparente à longues manches bouffantes. Ce vestiaire, qui s'adresse à l'évidence à des femmes déterminées, comporte aussi des vestes en tweed à empiècements de satin, des spencers de cuir noir sur pantalon ample, des jupes à mi-mollet zippées.

La créatrice Anne-Valérie Hash a proposé une collection de prêt-à-porter qui s'amuse avec des combinaisons-costumes Prince de Galles et des trompe-l'oeil comme cette robe qui joue les bustiers ou cette combinaison-pantalon qui semble un pantalon masculin et un pull.

Elle redessine la silhouette avec de courtes manches facetées comme des figures géométriques dépliées et structure de bandes colorées des vestes transparentes.

La collection se décline dans des tonalités éteintes de saumon, moutarde, bleu, brun, gris...