PARIS (AFP) — La ministre de la Culture Christine Albanel a demandé au préfet de Seine-Maritime de saisir le tribunal administratif de Rouen pour "suspendre" la décision de la ville de Rouen de restituer à la Nouvelle-Zélande une "tête maorie", a annoncé lundi le ministère dans un communiqué.
La municipalité de Rouen avait indiqué le 9 octobre qu'elle restituerait le 23 octobre à la Nouvelle-Zélande une tête de guerrier maori momifiée et tatouée qui avait été donnée à son muséum à la fin du XIXe siècle par un particulier.
Mme Albanel rappelle que "les collections du museum de Rouen, comme celles de tous les +musées de France+, sont protégées par un régime juridique particulier, destiné à garantir l'intégrité du patrimoine de la Nation qui est en principe inaliénable".
"Ce régime ne fait pas obstacle à ce que certaines pièces sortent des collections publiques. Mais une telle décision suppose alors de recueillir l'avis d'une commission scientifique, dont le rôle est de vérifier qu'il n'est pas porté une atteinte injustifiée au patrimoine national", ajoute la ministre.
Or, souligne-t-elle, cette commission n'a "pas été consultée, alors même que les élus rouennais avaient été préalablement alertés sur les difficultés que soulèverait leur décision".
Mme Albanel souhaite que "les problèmes éthiques particuliers liés à la conservation de restes humains dans les collections publiques fassent l'objet d'une réflexion approfondie". Elle fait état de son "intention" d'organiser un colloque international pour "permettre l'échange des points de vue scientifique et éthique sur cette question". Stéphane Martin, président du musée du Quai Branly, a été chargé d'organiser cette réflexion, ajoute le communiqué.
Copyright © 2009 AFP. Tous droits réservés. Plus »
