PARIS (AFP) — Autoroutes, avions à basse altitude, lignes à très haute tension, incinérateur: bienvenue à Champlan, en Ile-de-France, objet d'une étude d'impact, présentée jeudi au ministère de l'Ecologie, qui compte lancer une carte nationale des points noirs environnementaux.
Champlan est situé dans l'axe des pistes d'Orly, sillonné de routes et autoroutes, traversé par plusieurs lignes électriques à très haute tension et à proximité d'un incinérateur.
Autant d'équipements qui font partie du décor habituel dans la périphérie des grandes agglomérations.
Mais, la particularité de Champlan, c'est le cumul de ces nuisances sur un territoire restreint.
Pour répondre à l'inquiétude des riverains, le gouvernement a voulu en évaluer l'impact sanitaire en faisant appel à différentes agences environnementales spécialisées.
Première du genre en France, cette étude menée de janvier 2005 à septembre 2007 a passé au crible la pollution de l'air, le bruit, l'exposition aux champs électromagnétiques de basse fréquence, en utilisant un arsenal d'appareils de mesure.
Globalement, ce programme n'a pas permis d'évaluer l'effet "cocktail" de toutes ces pollutions additionnées.
"Nous n'avons pu répondre à ce stade à la question de savoir si la superposition des pollutions peut avoir un impact plus important que celles de chacune prise séparément", a indiqué François Moisan, directeur scientifique de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe).
Une étude d'Airparif et de l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (Afsset) a montré que l'air était aussi pollué à Champlan qu'à Paris.
Le bruit y est omniprésent à cause du va-et-vient incessant des avions d'Orly.
"C'est un peu catastrophique", commente Emmanuel Thibier, de l'Ademe.
Une carte nationale des points noirs de la pollution sonore tenant compte de toutes les sources de bruit - routes, trains, avions - va être établie dès 2009, a annoncé la secrétaire d'Etat à l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet.
Il s'agit de permettre à des riverains exposés à la fois au bruit d'une autoroute, d'un TGV et du trafic aérien, d'obtenir la construction d'un mur anti-bruit en tenant compte de l'addition des nuisances sonores ainsi générées même si le seul bruit de l'autoroute ne justifierait pas à lui seul un tel aménagement.
Plus pernicieux, les lignes à très haute tension situées au dessus des toits de certaines habitations ont un impact sur les résidants.
Mais, les niveaux enregistrés ne dépassent pas les valeurs limites fixées par l'Europe (100 micro-teslas), assure Olivier Merckel de l'Afsset.
Le maire de Champelan, Christian Leclerc, témoigne pour sa part que "certains habitants se plaignent de troubles du sommeil, de stress, de nervosité accrue quand ils rentrent chez eux, sous les lignes THT".
Les effets à long terme sur la santé de ce type de pollution électromagnétique ne sont pas connus, reconnaît Olivier Merckel, précisant que l'Afsset y travaille et que des résultats sont attendus en 2009.
"On n'est pas en situation de crise", fait cependant remarquer le professeur Alain Grimfeld, président de la Société française de santé environnement. Il s'agit d'identifier "des configurations environnementales possiblement pathogènes", ajoute-t-il.
Une étude épidémiologique sera lancée en 2009 autour des trois aéroports parisiens - Orly, Roissy et Le Bourget - pour évaluer les nuisances environnementales locales et les effets sanitaires sur les riverains, a indiqué la ministre.
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