MARSEILLE (AFP) — Comme anesthésié à Eindhoven en Ligue des champions mercredi, Marseille est sommé de montrer vie et envie dans une compétition objectivement plus à sa mesure dimanche, lors la réception du Paris SG, lui aussi totalement hors sujet en Europe.
Des mots durs sont tombés dans les oreilles des joueurs marseillais après ce non-match aux Pays-Bas, qui enterre quasi-définitivement les espoirs, pourtant crânement affichés en début de compétition, d'une qualification pour la seconde phase.
Le président Pape Diouf et l'entraîneur Eric Gerets ne se sont pas privés depuis, de placer les joueurs devant leurs responsabilités et leur manque d'investissement. D'abord dans l'hôtel des joueurs le lendemain du match, ensuite lors d'une longue séance vidéo concoctée par Gerets vendredi.
Ce recadrage maison portera-t-il ses fruits? La dernière "sortie" présidentielle du même genre, après une élimination piteuse devant Sochaux en coupe de la Ligue le 24 septembre, avait provoqué une réaction salutaire sur le terrain au Mans en championnat trois jours plus tard. Sans victoire certes (1-1), mais avec un football de nouveau léché.
L'OM a les moyens et le devoir d'afficher de l'ambition dimanche. Ne serait-ce que parce qu'il en va, aussi, d'une possible place de leader: un faux-pas de Lyon à Auxerre assorti d'une victoire marseillaise placerait les troupes de Gerets en tête. Les supporteurs apprécieraient. Surtout ceux qui ont fait 30 heures de bus pour assister à Eindhoven à "un non-match absolu, disputé sur un petit train de sénateurs", comme le stigmatise Diouf. Eindhoven, "c'est un os dans le boudin", ajoute, joliment, le président marseillais.
Celui-ci a cru voir d'ailleurs dans cette parodie de football un remake du 8e de finale retour de la coupe de l'UEFA à St-Pétersbourg en mars dernier (2-0). Au retour, Diouf avait fustigé les "vizirs" et les "nababs". Aujourd'hui, c'est au tour des vedettes annoncées Ben Arfa et Koné d'honorer leur statut de recrues les plus chères du mercato marseillais (22 millions d'euros), dans un Vélodrome à guichets fermés.
D'autant que, comme le dit le capitaine marseillais Lorik Cana, l'OM "aura un rôle de favori à assumer". Affecté par cette défaite sur ses terres d'Eindhoven qui a donné de son équipe une image à l'opposé de celle de battant qu'il y a laissée comme joueur puis comme entraîneur, le coach marseillais Eric Gerets se dit en tout cas convaincu de la réaction de ses hommes.
C'est une question de "fierté et d'amour-propre", estime-t-il. De mental en somme, ce qui n'est pas la qualité première de cette équipe, au grand dam de certains joueurs qui ont l'impression de beaucoup compenser le manque d'investissement d'autres...
Face au vieux rival parisien, la victoire aurait meilleur goût en effet. Sauf que le Paris SG est aussi débiteur de ses supporteurs après sa nette défaite à Schalke 04 en coupe de l'UEFA jeudi (3-1). En vue précisément de ménager les organismes pour ce rendez-vous dominical, l'entraîneur Paul Le Guen a fait jouer une "équipe B". Il l'a payé comptant.
"Après notre défaite en Allemagne et tout ce que l'on a pu dire sur les changements intervenus dans l'équipe, obtenir un résultat au Vélodrome nous ferait du bien", reconnaît ainsi le gardien parisien Mickaël Landreau. A chacun sa revanche...
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