Taslima Nasreen reçoit le prix Simone de Beauvoir pour la liberté des femmes

PARIS (AFP) — La romancière bangladaise Taslima Nasreen, menacée de mort par des islamistes, a reçu mercredi à Paris le "Prix Simone de Beauvoir pour la liberté des femmes".

Ce prix a été remis à Mme Nasreen par la secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères et aux droits de l'homme, Rama Yade.

"C'est la France qui vous accueille aujourd'hui, celle de Voltaire, de Hugo, de Zola, de de Gaulle, de Simone de Beauvoir, de Césaire, cette France des écrivains engagés dans le combat toujours renouvelé pour la dignité et la liberté", a déclaré Mme Yade lors d'une cérémonie au Quai d'Orsay.

Elle a souligné qu'elle remettait ce prix à Mme Nasreen "au nom de tous les Français qui considèrent que la liberté d'expression ne peut avoir des limites que celles imposées par la loi, et que l'appel au meurtre est un crime".

Mme Nasreen a du s'enfuir du Bangladesh en 1994, accusée de blasphème par des extrémistes musulmans après la publication de son roman "Lajja" ("La honte") dans lequel elle décrit la vie d'une famille hindoue persécutée par les musulmans au Bangladesh où ils sont majoritaires.

Après plusieurs années d'exil entre l'Europe et les Etats-Unis, cette gynécologue de formation s'était installée en Inde en 2004. Elle avait demandé un permis de séjour mais les autorités, inquiètes d'une réaction hostile des 140 millions de musulmans indiens, ne lui accordent que des visas de six mois.

Mme Nasreen avait annoncé lundi à l'AFP qu'elle envisageait de retourner bientôt en Inde, qu'elle a quitté en mars, pour faire renouveler son titre de séjour qui expire le 17 août. Elle était également à Paris à l'occasion de la sortie d'un livre sur sa vie dans la clandestinité intitulé "De ma prison".

Le prix Simone de Beauvoir, créé à l'occasion du centenaire de la naissance de l'écrivain français, avait été attribué le 9 janvier conjointement à Taslima Nasreen et à l'ex-députée néerlandaise d'origine somalienne Ayaan Hirsi Ali, menacée de mort en raison de ses critiques de l'islam.