PARIS (AFP) — Les associations de malades, confrontées à des "cas extrêmes" de "grèves de soins" contre les franchises médicales, tentent de dissuader ces patients d'arrêter leur traitement, tout en renvoyant au gouvernement la responsabilité de ces actions "dangereuses".
Alors qu'au moins cinq malades poursuivaient jeudi soir une "grève des soins", mettant parfois "leur vie en jeu", plusieurs autres ont repris leur traitement suite à l'action d'associations qui s'inquiètent des conséquences de telles actions "extrêmes".
Mais ils menacent de l'interrompre à nouveau si l'application des franchises n'est pas "suspendue" par les pouvoirs publics, comme le réclament aussi les associations.
Depuis le 1er janvier, les assurés sociaux doivent payer de leur poche 50 centimes par boîte de médicament et par acte paramédical, et deux euros par transport sanitaire, dans la limite de 50 euros par an.
Qualifiant de "navrant" le cas d'un diabétique qui refuse de se soigner, le président de l'Association française des diabétiques (AFD), Gérard Raymond, a déclaré à l'AFP qu'il ne pouvait "cautionner" une action de ce type.
Mais il a tenu "une fois de plus" à demander "à ceux qui ont très généreusement mis en place les franchises, en nous expliquant que c'était une nouvelle forme de solidarité, de prendre leurs responsabilités".
Michel Coulomb, de la Fédération nationale d'aide aux insuffisants rénaux (Fnair), est également intervenu, avec succès, auprès d'un de ces malades.
Ainsi, Jean-Pierre Ona, qui avait annoncé dans Var Matin du 14 janvier l'interruption de son traitement contre une maladie rare nécessitant trois dialyses hebdomadaires de plus de cinq heures chacune, a recommencé à se soigner.
"Il a repris sa dialyse, mais il est prêt à recommencer si d'aventure les choses ne changent pas et il continue son action (...) en mobilisant autour de lui les autres dialysés", a expliqué M. Coulomb à l'AFP.
En attendant, la Fnair reste "vigilante". "Je suis en relation avec différents centres de dialyse dans le Sud-Est. On est attentif et les gens sont sensibilisés, notamment le personnel médical", a indiqué M. Coulomb.
A l'action des associations, s'ajoute celle de Bruno-Pascal Chevalier, malade du sida, qui a lui-même arrêté son traitement, mais ne veut "surtout pas" que d'autres malades fassent comme lui.
Alexandre Godfroy, diabétique, a expliqué à l'AFP qu'il avait décidé de reprendre son suivi médical après une "longue discussion" avec M. Chevalier: "Son argument consiste à dire que ce n'est pas la peine qu'on soit des dizaines à s'immoler. Je ne suis pas suicidaire. Je suis marié, j'ai deux enfants. Je veux pouvoir durer".
Tout comme M. Chevalier, qui s'est déjà adressé au chef de l'Etat, le collectif d'associations "Chroniques Associés", a écrit vendredi à Nicolas Sarkozy pour que "les franchises soient suspendues et discutées dans le cadre du grand débat sur le financement de la santé" promis par le président de la République.
"Nous observons avec une très grande inquiétude la multiplication des grèves de soins ou des grèves de la faim décidées par des personnes malades opposées aux franchises médicales", a écrit ce collectif qui regroupe notamment Vaincre la mucoviscidose, Aides (VIH/sida) et Europa Donna (cancer du sein).
Selon eux, les associations "reçoivent chaque jour des témoignages de personnes exprimant une exaspération, un ras-le-bol et une souffrance communes face à une réalité quotidienne de plus en plus difficile".
Copyright © 2009 AFP. Tous droits réservés. Plus »
