Clearstream: l'ancien patron des RG Yves Bertrand entendu par la police

PARIS (AFP) — L'ancien directeur central des Renseignements généraux Yves Bertrand (1992 à 2004) a été entendu lundi matin par des policiers dans le cadre de l'affaire de dénonciation calomnieuse Clearstream, a-t-on appris de source policière.

Cette audition s'est déroulée dans les locaux de la division nationale des investigations financières (DNIF) à Nanterre sur commission rogatoire des juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons, a-t-on précisé de même source confirmant une information du Point.fr

Elle fait suite aux perquisitions qui avaient été effectuées le 16 janvier au domicile et au bureau de l'ancien patron des RG et à l'occasion desquelles 21 (BIEN 21) cahiers manuscrits tenus par l'ex-DCRG avaient été saisis.

Lors de son audition, M. Bertrand a été notamment interrogé sur le contenu de ses carnets, a-t-on précisé de même source.

Selon une source proche du dossier, les juges cherchent à savoir si l'informaticien Imad Lahoud, soupçonné d'avoir confectionné les faux listings de Clearstream, a agi seul ou a été instrumentalisé par des tiers, officines ou "cabinet noir" proche du pouvoir.

Ces faux listings, adressés en mai et juin 2004 au juge Renaud Van Ruymbeke, accusaient à tort des personnalités, dont Nicolas Sarkozy, de détenir des comptes occultes à la chambre de compensation financière luxembourgeoise Clearstream.

Le nom d'Yves Bertrand est également cité dans le dossier Clearstream à travers une note écrite par le responsable du cabinet de conseil en stratégie "Salamandre", Pierre Sellier.

Ce document, que l'AFP a pu consulter, est présenté comme le verbatim d'une rencontre entre M. Sellier et un journaliste free-lance, Stéphane Ravion. Il suggère que M. Bertrand ait pu animer un "cabinet noir" qui aurait cherché à abattre Nicolas Sarkozy.

"SR (Stéphane Ravion) a été appelé en 2003 à son retour du Yemen par Bertrand. Ce dernier lui a proposé de bosser pour le cabinet noir et l'a envoyé rencontrer... Rondot et un colonel véreux de la DRM!!! (Direction du renseignement militaire) Il s'agissait de trouver tout ce qu'on peut contre Sarkozy, pour l'abattre !", écrit Sellier dans ce texte censé reproduire les propos de M. Ravion.

Entendu par les policiers, le journaliste a contesté avoir tenu ces propos qui ont été, en revanche validé par Pierre Sellier.

Le 4 février, les deux hommes ont été confrontés par les policiers dans les locaux de la DNIF et chacun est resté sur ses positions.

Par ailleurs, selon une autre source proche du dossier, Imad Lahoud aurait été en contact avec deux responsables des renseignements généraux, une proche d'Yves Bertrand, Brigitte Henri, qui a quitté la police, et François Casanova, décédé depuis.

Dans son livre publié en octobre "Je ne sais rien mais je dirai tout" (Plon), Yves Bertrand indiquait avoir toujours été "loyal" à Nicolas Sarkozy.