A Marseille, le tourisme prend son essor

MARSEILLE (AFP) — Marseille, longtemps oubliée du tourisme, s'impose depuis maintenant dix ans comme une destination de plus en plus prisée et a reçu l'an dernier plus de 4 millions de visiteurs.

"La ville est devenue dynamique. Aujourd'hui on parle de Marseille en bien, avant on l'évitait", explique Dominique Vlasto, adjointe au maire (UMP) chargée du tourisme. "1998 a été un tournant décisif" avec l'accueil de matches de la coupe du monde de football, se souvient Jacques Truau, président du Club de la croisière Marseille-Provence.

Malgré son site somptueux, ses plages et son soleil radieux, la plus vieille ville de France n'existait guère sur les cartes touristiques. Elle s'y inscrit désormais dans toutes les langues. Cette année, pour la première fois, la Régie des transports marseillais mène une campagne d'information en anglais dans ses bus.

La ville a profité de la vogue des courts séjours et du tourisme urbain, avec l'arrivée du TGV Méditerranée en 2001 puis l'ouverture en 2006 de l'aérogare low-cost mp2 - un million de passagers l'an dernier. Elle a aussi bénéficié du développement des croisières, avec 440.000 passagers en 2007 - un million prévu dans trois ans.

Candidate au titre de capitale européenne de la culture 2013, Marseille n'hésite plus à se lancer dans des événements comme la coupe du monde de rugby à l'automne 2007 ou l'exposition Van Gogh/Monticelli prévue de septembre à janvier.

Sa popularité pour les tournages - plus de 700 depuis dix ans - contribue à soigner son image. En témoigne le succès du feuilleton télévisé "Plus Belle la Vie" qui vient d'ouvrir une boutique dans le vieux quartier du Panier pour son 1.000e épisode.

Le tourisme représente quelque 700 millions d'euros de retombées économiques soit 6% de l'économie locale, avec une croissance de 5 à 6% sur les trois dernières années, selon l'Office du tourisme. Y compris le tourisme d'affaires: les journées de congressistes ont doublé en dix ans, à 205.000 en 2007.

Des millions d'euros d'investissements sont prévus, dont un complexe commercial et de loisirs "Les Terrasses du Port". Un Palais des Evénements est à l'étude ainsi qu'un port de plaisance de 2 à 3.000 anneaux dans la rade Nord. Et l'idée d'un casino n'est plus taboue.

Même si la capacité hôtelière reste limitée - Marseille n'a que 5.418 chambres toutes catégories et 6.764 prévues pour 2011 alors que Lyon en compte aujourd'hui plus de 11.000, selon la mairie - le nombre de chambres 4 étoiles a doublé en cinq ans. Un hôtel de luxe ouvrira en 2010 dans l'ancien Hôtel-Dieu au dessus du Vieux-Port.

Reste à développer l'accueil dans une ville qui reste marquée par la pauvreté, parfois méfiante et qui a longtemps eu mauvaise réputation en raison de la délinquance, aujourd'hui contenue selon les autorités.

"Marseille a une telle identité que ce ne sont pas les touristes qui pourront la lui faire perdre", observe Philippe Mocaër, directeur des Galeries Lafayette au Centre-Bourse qui a développé depuis une dizaine d'années un stand de produits régionaux à destination des visiteurs.

"Au niveau sécurité, Marseille n'a pas de leçons à recevoir de qui que ce soit", assure Dominique Vlasto. "Il y a un effort constant de la direction départementale de la sécurité publique sur le centre de Marseille et la présence policière est renforcée les jours d'arrivée de croisières", indique-t-on de source policière.

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