Grève à Marseille contre la réforme portuaire, terminaux bloqués

MARSEILLE (AFP) — La CGT du Port autonome de Marseille (PAM) a annoncé vendredi qu'elle se lançait dans une grève reconductible quotidiennement pour s'opposer au projet de réforme portuaire, qui devrait être présenté avant la fin avril en Conseil des ministres.

"Nous sommes prêts à entrer dans un conflit très dur", a déclaré Pascal Galeoté, secrétaire général de la CGT du PAM, au cours d'une conférence de presse. Il a précisé que des assemblées générales quotidiennes détermineraient la suite du mouvement.

"L'attitude du gouvernement qui a laissé croire qu'il y avait une place pour la négociation, a exacerbé les tensions", a affirmé le responsable syndical du premier port de France. "Le gouvernement est pressé mais son projet ne va pas passer aussi facilement que ce qu'il croit", a-t-il ajouté en annonçant "une progression dans les actions" de contestation.

Depuis jeudi, les activités de manutention sur les terminaux sont à l'arrêt, a indiqué l'organisation syndicale. L'Union maritime et fluviale, une organisation professionnelle regroupant plus de 300 entreprises du port de Marseille, s'est plaint jeudi d'arrêts de travail inopinés" des agents du port.

Les terminaux pétroliers, minéraliers et à conteneurs sont touchés, a confirmé le Port autonome. "33 navires sont touchés par ces arrêts de travail dont 25 pour le secteur pétrole", ces derniers, par mesure de sécurité, ayant été positionnés sur rade, a précisé le PAM. En revanche le trafic passager reste assuré.

Cette action des grutiers et des portiqueurs se double de celle des dockers (manutention privée) qui ont décidé de cesser le travail trois nuits par semaine. "Les dockers savent bien qu'ils seront impactés (par la réforme des ports, ndlr), un certain nombre de charges seront transférées sur les entreprises de manutention", a commenté M. Galeoté.

Selon lui, le projet de réforme en transférant au privé des personnels de statut portuaire "va favoriser les grands armements et des monopoles privés". Le gouvernement, dit-il, "est sur une démarche idéologique et politique et non pas économique".

"On était partis sur un plan de relance et on est arrivés à la réforme. On a l'impression depuis le départ qu'il n'y a rien à négocier", a poursuivi le responsable CGT. Pour autant, la CGT du PAM a réaffirmé sa demande d'ouverture de négociations: "c'est notre objectif à court et à moyen terme", a-t-il dit.

Carte