Un boulanger de l'Aisne, déjà victime de vols, tue un cambrioleur

PLOMION (AFP) — Un boulanger de Plomion (Aisne), près de Laon, déjà victime de plusieurs vols, a tué d'un coup de fusil de chasse dans la nuit de jeudi à vendredi, peu après minuit, un homme qu'il venait de surprendre en train de cambrioler sa boulangerie avec des complices, qui ont pris la fuite.

Le boulanger, âgé de 42 ans, venait de se coucher à l'étage de sa maison située au centre du village quand il a entendu vers minuit et demi du bruit dans sa boutique située au rez-de-chaussée.

Après avoir mis à l'abri à l'étage sa compagne et ses deux enfants de 11 et 13 ans, il s'est emparé d'un fusil de chasse puis est descendu au rez-de-chaussée.

Il s'est alors retrouvé face à quatre ou cinq cambrioleurs et a fait feu une fois sur l'un d'eux avec son fusil. L'un des cambrioleurs s'est écroulé au sol et les autres ont pris la fuite

La victime, touchée au niveau de l'abdomen, est morte lors de son transfert à l'hôpital par les pompiers. D'origine roumaine et âgé d'une quarantaine d'années, cet homme était connu des services de police de la région parisienne, a-t-on précisé de source judiciaire.

Le boulanger, détenteur d'un permis de chasse, a été placé en garde à vue à Vervins et devrait être présenté samedi au parquet de Laon, a précisé lors d'un point presse Olivier Hussenet, le procureur de la République de cette ville.

"On peut envisager un cas légal de légitime défense présumé", a estimé le procureur en précisant que le boulanger aurait reçu un coup de bâton au ventre avant de faire feu. Il n'a pas précisé si les cambrioleurs étaient armés ou non.

Selon Raphaël Chevigné, le maire de cette commune de 530 habitants, le commerçant, installé à Plomion depuis vingt-trois ans, avait déjà été victime de quatre cambriolages au cours des dix dernières années, "même si cela s'était calmé depuis deux ans".

Du fioul lui avait toutefois récemment été volé "sans effraction", "et il était particulièrement attentif à une intrusion chez eux", a déclaré Laure Camus, substitut du procureur de Laon, venue sur les lieux du drame vendredi matin.

"En plus de la fabrication du pain, il assurait des tournées dans le monde rural. Pour beaucoup, il était le seul contact qu'ils avaient avec le village", a ajouté le maire en qualifiant le drame "d'événement extraordinaire dans un village ordinaire."

L'enquête a été confiée aux gendarmes. Une trentaine d'entre-eux, appuyés par un hélicoptère, ont ratissé vendredi les environs de la commune pour retrouver les fuyards.