Apprentissage: 12.000 jeunes européens à Paris, Sarkozy annule sa venue

PARIS (AFP) — Nicolas Sarkozy, qui devait vendredi, devant plus de 12.000 jeunes européens rassemblés au palais omnisports de Paris-Bercy, promouvoir l'apprentissage et encourager la mobilité des apprentis en Europe, a renoncé à son discours pour préparer le mini-sommet de crise de samedi.

"Le président de la République m'a dit qu'il était en communications téléphoniques répétées avec un certain nombre de chefs d'Etat et de gouvernement, pour préparer très soigneusement la réunion" des quatre pays européens du G8 samedi après-midi à Paris sur la crise financière, a déclaré à la presse le secrétaire d'Etat au Commerce Hervé Novelli.

"Il ne peut donc pas s'extraire" de ces préparatifs, a-t-il ajouté.

Le chef de l'Etat devait prononcer devant les jeunes un discours sur l'apprentissage, qui ne contenait "pas d'annonces particulières" et "était un simple discours sur le travail et l'apprentissage" selon l'Elysée.

Quand sa venue a été annoncée aux jeunes des 27 pays de l'Union européenne rassemblés à Bercy, son nom a été copieusement hué par une bonne partie de la salle, a constaté une journaliste de l'AFP.

Le secrétaire d'Etat au Commerce s'est refusé à faire le lien entre ces huées et l'annulation de la venue du président. "Vous connaissez les jeunes", a lancé M. Novelli, présent sur place avec cinq autres membres du gouvernement, dont la ministre de l'Economie et de l'Emploi Christine Lagarde.

Cette première rencontre entre jeunes européens se voulait une "véritable fête de l'apprentissage", avait expliqué le ministère de l'Economie et de l'Emploi.

Outre un défilé des "meilleurs apprentis français et européens", la manifestation a été marquée par des témoignages d'ex-apprentis devenus célèbres comme le pâtissier Pierre Hermé ou des interventions de chefs d'entreprise comme le patron de GDF Suez Gérard Mestrallet.

Nicolas Sarkozy, président en exercice du Conseil européen, avait annoncé début juillet que la France et la Commission européenne avaient "décidé de travailler" à une "initiative pour encourager la mobilité pour les jeunes Européens et en particulier les jeunes apprentis".

"Il faut un Erasmus pour les jeunes apprentis. La mobilité en Europe ne doit pas être réservée aux seuls étudiants", avait-il dit.

Mi-septembre, le secrétaire d'Etat à l'Emploi Laurent Wauquiez avait affiché l'objectif de "doubler les crédits" pour la mobilité des apprentis dans le cadre d'un "Erasmus européen de l'apprentissage", précisant qu'ils avaient atteint 3 millions d'euros en 2007.

Il avait aussi souhaité un doublement d'ici 2010 du nombre de bourses accordées aux apprentis dans le cadre de ce programme, estimé actuellement à 2.200.

Face à la baisse du nombre de jeunes européens, à l'augmentation des évolutions technologiques et de la concurrence mondiale, un forum d'experts de haut niveau sur la mobilité a récemment prôné dans un rapport que "l'UE fasse de la mobilité pour l'apprentissage la règle plutôt que l'exception".

Il a suggéré "une augmentation des programmes de mobilité existants, qui offrent actuellement des occasions de mobilité à environ 300.000 personnes par an", jugeant qu'ils devraient concerner "900.000 jeunes en 2012, 1.800.000 en 2015 et 2.900.000 en 2020".

Le dispositif Erasmus, dont deux millions d'étudiants ont bénéficié en 20 ans, a concerné 160.000 étudiants européens en 2006-2007, dont 22.980 Français. Le dispositif Leonardo da Vinci (s'adressant aux lycéens, apprentis, salariés, demandeurs d'emplois) a concerné 84.500 Européens.

Related articles