Sarkozy réaffirme sa volonté de punir les multirécidivistes à Neufchâteau
NEUFCHÂTEAU (AFP) — Le président Sarkozy a réaffirmé mardi lors des obsèques militaires de trois gendarmes à Neufchâteau sa volonté de punir les multirécidivistes, en référence à l'homme quatre fois condamné, à l'origine de l'accident qui a tué les militaires.
"Que les choses soient claires: ce n'est pas pour moi normal que trois hommes puissent mourir par l'inconscience d'un délinquant multirécidiviste", a affirmé Nicolas Sarkozy dans son discours.
"On n'a pas le droit de jouer avec la vie des hommes comme cela. Qu'il soit bien entendu que ce genre de multirécidivistes devra être puni avec la sévérité qui s'impose", a-t-il poursuivi.
Trois gendarmes sont morts vendredi lors de la collision d'une voiture qu'ils pourchassaient et d'un train sur un passage à niveau à Neufchâteau.
Le conducteur, un jeune homme de 21 ans qui roulait sans permis dans une voiture volée, est également décédé dans l'accident. Bien connu des services de police, il avait déjà été condamné à quatre reprises pour des vols et vols avec violence et dans une affaire de stupéfiants.
"Quel que soit l'âge des délinquants, il y a un moment où trop, c'est trop", a souligné Nicolas Sarkozy, qui a dit n'avoir "pas l'intention d'assister indéfiniment à des cérémonies où (il doit) accompagner dans leur dernière demeure des policiers ou des gendarmes".
"La société doit choisir de quel côté elle est. Je souhaite qu'(elle) soit du côté des victimes", a-t-il plaidé.
Nicolas Sarkozy est arrivé mardi vers 10H20 à Neufchâteau, accompagné des ministres de l'Intérieur et de la Défense Michèle Alliot-Marie et Hervé Morin, pour participer aux obsèques militaires des trois gendarmes.
Avant de prononcer son discours, lu devant les cercueils recouverts du drapeau tricolore des trois militaires, le président de la République s'est entretenu une dizaine de minutes avec les familles des victimes, présentes au premier rang d'une tribune montée pour l'occasion.
M. Sarkozy a déploré le "lourd tribut" payé par la gendarmerie et la police désormais "marquées dans leur chair". Il a aussi loué les forces de l'ordre qui défendent "chaque jour par un engagement absolu et sans faille" l'idéal de justice dans un contexte "difficile" où le danger est "présent en permanence".
Mardi, la mère du conducteur pris en chasse, prénommé Mickaël, a remercié "du fond du coeur" les trois gendarmes pour avoir "essayé de sauver son fils", dans un entretien accordé à un correspondant de l'AFP.
Aîné d'une fratrie de trois enfants grandis en milieu modeste, Mickaël avait été "beaucoup perturbé" par la mort de son père, alors qu'il n'avait que sept ans, selon sa mère. Il avait multiplié les séjours en foyers à l'adolescence, tentant plusieurs fois de se suicider et se droguant, a-t-elle raconté.
Les militaires, âgés de 21, 25 et 26 ans, ont été promus à titre posthume au grade de major pour deux d'entre eux et à celui de gendarme pour le dernier qui n'était que gendarme-adjoint. Ils ont été décorés de la Légion d'honneur.

