La fusion ANPE-Unedic à partir de mercredi devant le Sénat

PARIS (AFP) — Le Sénat se penche à partir de mercredi sur le projet de loi de réforme du service public de l'emploi, qui organise la fusion de l'ANPE et des réseaux opérationnels de l'Unedic, afin, selon le gouvernement, de "faciliter les démarches des usagers".

En grève mardi avec un taux de participation de 45% pour protester contre ce projet, les salariés de l'Unedic se sont mobilisés pour peser sur les débats sénatoriaux en venant manifester au nombre de quelques centaines devant le palais du Luxembourg.

Défendu par la ministre de l'Economie et de l'Emploi Christine Lagarde, le texte est soumis au Sénat avant l'Assemblée nationale, une façon de reconnaître les compétences des sénateurs en matière de collectivités territoriales, alors que la réforme est de nature à bouleverser la carte des implantations des agences de l'emploi.

Selon Mme Lagarde, avec ce nouveau "service public de l'emploi", demandeurs d'emploi et entreprises cherchant à recruter "disposeront désormais en tout point du territoire d'une plate-forme polyvalente assurant l'ensemble des prestations nécessaires au recrutement et au placement".

Mais les collectivités territoriales, qui se plaignent d'avoir été tenues à l'écart du projet, redoutent des fermetures d'agences et la remise en cause des Maisons de l'emploi, que le gouvernement les avait vivement encouragées à mettre en place.

C'est particulièrement le cas dans les zones rurales où les chômeurs doivent parfois effectuer de longs et coûteux trajets pour se rendre dans une ANPE.

Les trois principaux syndicats de l'ANPE (SNU, FO, CGT) qui, avec Sud, se sont déjà mis en grève à deux reprises, le 27 novembre et le 18 décembre, pour protester contre la réforme, craignent qu'elle ne se traduise par des "pressions sur les demandeurs d'emploi, pour qu'ils acceptent n'importe quel travail".

Leurs craintes ont été renforcées par l'annonce, le 3 janvier, que le président Nicolas Sarkozy avait demandé un "calendrier" pour la mise en place de "sanctions" à l'encontre des demandeurs d'emploi qui refuseraient "deux offres acceptables".

Les associations de chômeurs - MNCP, AC!, CGT-Chômeurs, APEIS - ont également protesté contre une réforme qui ne leur fait aucune place.

Le groupe PS au Sénat, dont une délégation a rencontré mardi les manifestants de l'Unedic, a fait savoir qu'il voterait contre le projet de loi, considérant que "les conditions et modalités" de la fusion proposée "portent atteinte au service public de l'emploi".

L'ANPE est un service public. L'Unedic est géré par les organisations patronales (Medef, CGPME, UPA) et cinq syndicats (CGT, CFDT, FO, CFE-CGC, CFTC). Ils seront regroupés au sein d'un organisme unique, baptisé provisoirement "France Emploi", dont le directeur général sera nommé par le gouvernement.

Le nouvel organisme sera chargé d'assumer cinq missions actuellement partagée entre l'ANPE et l'Unedic: l'accueil, l'orientation, le placement, l'indemnisation et l'accompagnement du demandeur d'emploi.

Mme Lagarde s'est donné comme objectif de réduire la durée moyenne du chômage de neuf à trois mois et d'augmenter le nombre de conseillers, qui suivront chacun 60 chômeurs, voire 30 pour les personnes plus en difficultés, au lieu de 120 à 130 actuellement.