Otages en Colombie: Washington peut aider à résoudre la crise, estime Chavez

CARACAS (AFP) — Le Président vénézuélien Hugo Chavez a déclaré mardi que Washington pouvait aider à la résolution de la crise des otages en Colombie dans laquelle les membres des Forces armées révolutionnaires (FARC) veulent échanger 45 de leurs otages, dont trois Américains, contre 500 prisonniers des FARC détenus par Bogota.

"Le gouvernement des Etats-Unis peut beaucoup nous aider", a dit Hugo Chavez lors d'une rencontre au palais présidentiel de Miraflores, a Caracas, avec les familles des trois otages américains. "Le président Bush, plaise à Dieu, peut nous aider", a-t-il ajouté.

"Nous comptons sur les institutions des Etats-Unis" pour faciliter l'échange d'otages contre des prisonniers des FARC", a poursuivi Chavez. "Le président français Nicolas Sarkozy va rencontrer son homologue américain George W. Bush aujourd'hui et demain et ils vont certainement aborder le sujet", a-t-il encore affirmé.

Le chef de l'Etat vénézuélien a précisé qu'il avait "de bons amis" aux Etats-Unis qui pourraient apporter leur aide dans la résolution de la crise, citant notamment l'ex-président Jimmy Carter, les acteurs Sean Penn et Kevin Spacey, ainsi que le cinéaste Oliver Stone, à qui il a proposé de tourner un documentaire sur les familles des otages américains retenues par les FARC. Hugo Chavez a annoncé en outre qu'il rencontrerait le président colombien, Alvaro Uribe, après son entrevue avec le Numéro 2 des FARC, Raul Reyes, prévue le 8 octobre prochain, en vue d'un accord humanitaire.

"Je verrai le président Uribe entre le 8 et le 12 octobre", a ajouté le président vénézuélien. Hugo Chavez a confirmé qu'il rencontrerait Nicolas Sarkozy, avec qui il s'est déjà entretenu trois fois au téléphone, en novembre, à Paris.

Les trois américains Marc Gonsalves, Thomas Howe et Keith Stannsen, collaborateurs du Département d'Etat américain, sont détenus par les FARC (marxistes) depuis le mois de février 2003 après que celles-ci eurent abattu l'avion à bord duquel ils effectuaient une mission anti-drogue.

Les Etats-Unis détiennent deux chefs guérilleros, "Sonia" et "Simon Trinidad", dont la libération est exigée par les FARC dans le cadre d'un échange de 500 guérilleros contre 45 otages, dont la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt et les trois Américains.

Mme Cordoba s'est rendue à la fin de la semaine dernière aux Etats-Unis pour y rencontrer les familles américaines. La sénatrice s'était également rendue à Washington pour organiser une éventuelle réunion entre une délégation du Congrès américain et M. Chavez dans le cadre de sa médiation. Accompagnée de l'ambassadeur vénézuélien Bernardo Alvarez, la sénatrice doit retourner à Bogota mercredi et s'entretenir avec le haut commissaire pour la paix, Luis Carlos Restrepo. Mme Cordoba devrait se rendre à nouveau aux Etats-Unis jeudi, selon son porte-parole.

Douze proches des otages américains, Mme Cordoba, deux représentants de chefs guérilleros des FARC emprisonnés aux Etats-Unis ainsi que le président de la Conférence épiscopale de Colombie, Mgr Luis Augusto Castro et Yolanda Pulencio, mère d'Ingrid Betancourt, ont participé à la rencontre.

La visite à Caracas des proches des otages américains doit également donner le coup d'envoi d'une campagne internationale baptisée "Une ouverture pour l'échange". Yolanda Pulencio, mère d'Ingrid Betancourt enlevée en février 2002, et le ministre des Affaires étrangères du Venezuela, Nicolas Maduro, doivent participer à l'événement.

Lundi soir, l'ambassadeur américain à Bogota William Brownfield a annoncé que le gouvernement américain était disposé à écouter les conditions "concrètes" posées par les FARC pour la libération de leurs ressortissants.