Vladimir Poutine informé d'un possible attentat-suicide contre lui mardi à Téhéran

MOSCOU (AFP) — Le Kremlin a indiqué dimanche à l'AFP que le président russe Vladimir Poutine avait été informé d'un possible attentat-suicide contre sa personne lors de sa visite mardi à Téhéran.

"Nous ne pouvons pas commenter cette information mais nous confirmons que le président a été informé", a déclaré un porte-parole du Kremlin joint par téléphone.

Le Kremlin faisait référence à une information rapportée un peu plus tôt par l'agence russe Interfax sur la foi d'une source "au sein des services spéciaux russes".

Selon cette source, pas identifiée précisément par Interfax, "plusieurs groupes de kamikazes ont été créés" pour perpétrer un attentat contre le président russe en visite mardi à Téhéran.

Elle s'appuie sur des informations provenant de "plusieurs sources se trouvant en dehors de Russie", indique Interfax. La formule peut englober des services secrets étrangers (Mossad, CIA, etc.) ou les espions russes disséminés sur le terrain, notamment en Iran.

C'est la première fois depuis l'arrivée de Vladimir Poutine au pouvoir qu'une information circule sur une éventuelle tentative d'assassinat contre sa personne.

Il est très difficile de tirer des conclusions sur la réalité de la menace contre le président russe. En revanche, il est peu probable que de telles informations soient diffusées sans l'accord du Kremlin, compte tenu du contrôle exercé par l'administration présidentielle sur les médias russes.

A l'approche de la fin du second mandat de Vladimir Poutine au printemps 2008, les analystes et observateurs à Moscou font par ailleurs état d'une lutte sourde mais acharnée entre clans émanant des services secrets russes.

Joint par téléphone, le FSB (ex-KGB) s'est refusé à tout commentaire.

Ni le SVR (renseignement extérieur), ni le FSO, chargé de protéger le président, n'étaient immédiatement joignables dans la soirée.

Vladimir Poutine se rend mardi à Téhéran pour renforcer son contact personnel avec son homologue Mahmoud Ahmadinejad et cultiver les relations particulières avec ce pays, dans le collimateur de l'Occident.

Cette visite intervient officiellement dans le cadre d'un sommet des pays riverains de la mer Caspienne.

La Russie, un des rares pays hors du Proche-Orient à entretenir de bonnes relations avec l'Iran, est opposée à de nouvelles sanctions contre Téhéran, prônées notamment par Washington et Paris, pour contraindre l'Iran à mettre un terme à son programme d'enrichissement d'uranium susceptible de dissimuler un projet militaire.

La Russie construit au grand dam des Etats-Unis la centrale nucléaire de Bouchehr dans le sud de l'Iran.

M. Poutine est arrivé dimanche soir avec deux heures de retard (en raison du mauvais temps) à Wiesbaden, dans l'ouest de l'Allemagne, pour une rencontre avec la chancelière Angela Merkel.

Cette visite, dans le cadre des neuvièmes consultations russo-allemandes, devraient être dominées par les désaccords qui s'enveniment entre Moscou, Washington et l'Occident, sur les questions d'équilibre stratégique, l'indépendance de la province serbe du Kosovo ou l'isolement de l'Iran.