Daniel Cohn-Bendit en vedette modeste des Journées des Verts

TOULOUSE (AFP) — Arrivé vendredi en star aux Journées d'été des Verts à Toulouse, Daniel Cohn-Bendit, co-président des Verts au Parlement européen qui veut rassembler la "galaxie écologiste", la joue modeste, prend des leçons de Verts français qui lui ont réservé un excellent accueil dans la soirée.

Entouré par caméras et photographes, l'ex-leader de 1968, 63 ans, chemise à carreaux, a déclaré dès son arrivée à la mi-journée: "J'ai parlé, j'ai semé, j'écoute et demain, j'en tire les conclusions", en se référant à Mao: "Vendredi, j'écoute et samedi, je parle".

Dany le Rouge, devenu Vert, est venu chez ses collègues français les convaincre du bien-fondé de la démarche qui rassemblerait pour les Européennes de 2009 les Verts avec des représentants d'ONG environnementales et de la société civile, avec notamment l'altermondialiste José Bové et des proches de l'animateur Nicolas Hulot.

Mais son ton a été jugé péremptoire chez certains Verts et il a voulu ménager toutes les susceptibilités.

Il a ainsi rencontré les dirigeants du parti, du Collège exécutif, pour cadrer le débat très attendu de samedi qui doit le réunir avec Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts, José Bové et Jean-Paul Besset, porte-parole de la Fondation Nicolas Hulot.

Avant le "grand oral" de samedi, un débat sur "l'écologie politique en France demain" a rassemblé vendredi soir, en avant-première, Dany avec Cécile Duflot, la sénatrice Dominique Voynet et le député Yves Cochet.

Dans un amphithéâtre comble, il a remporté un triomphe tout en martelant je suis un Vert" et en lançant: "Il faut avoir un rêve. On peut faire 10-15-20% aux élections européennes. Si nous défions la société, en montrant que nous savons surmonter les sectarismes, je vous le dis, ce sera bandant!".

Les Verts ont également goûté sa métaphore: "Si on veut faire de la politique, c'est comme en sport, il faut être opportuniste pour marquer des buts".

Il avait auparavant déjeuné avec des cadres du parti, prenant des leçons des Verts français, et studieusement, notant dans un grand cahier Clairefontaine.

"Tu ne dois pas dire +Vous les Verts+. Tu es Verts", lui lance l'un d'eux. Leçon retenue apparemment.

Ayant agacé quelques-uns en déclarant récemment que son initiative de rassembler tous les écologistes "était à prendre ou à laisser", il préfère dire: "Je suis à prendre ou à laisser. J'ai la liberté de dire +ça marche ou ça marche pas+".

Désireux que cette initiative de rassemblement fonctionne, l'un des dirigeants Verts lui explique qu'il "faut arriver à un processus de confiance chez les Verts, englués dans les sensibilités", ces fameux courants qui divisent le parti. Sur son cahier, Dany note "confiance", "respect", "sécurité".

Candidat en France aux Européennes de 1999 avec 9,72%, il n'a pas décidé s'il se présentera en France ou en Allemagne. Il subordonne sa candidature dans l'Hexagone à la réponse des Verts et confie: "il faut que je dise aux Allemands ce que je fais en novembre-décembre".

Dans la journée, il a rencontré dans un hôtel Cécile Duflot et José Bové autour d'un café. Pour l'altermondialiste, il s'agissait de mettre "en place la rencontre de demain".

"En huit mois, pourquoi cela est devenu évident?" s'interroge Dany avant d'évoquer "Nicolas (Hulot) surpris de voir la détermination de ses proches" à franchir le Rubicon politique.