Interdiction des "happy hours" : une proposition pas actée

PARIS (AFP) — L'interdiction des "happy hours", envisagée par la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (Mildt), est "une proposition qui n'est pas actée à ce stade", a indiqué le ministère de la Santé.

"Cela fait partie d'une palette de propositions qui doivent être discutées avec les professionnels, et qui ne sont pas actées par le ministère", indique-t-on au ministère, après une information du Parisien lundi sur la "mort programmée de l'happy hour".

La Mission a été chargée par le gouvernement d'étudier en concertation avec les professionnels de nouvelles pistes face à l'alcoolisation des jeunes notamment. Parmi ces pistes figurent, outre une nouvelle taxe sur les boissons alcooliques, l'interdiction de promouvoir les boissons alcoolisées à travers des prix incitatifs, dans les "open bars" (consommations à volonté) ou "happy hours" (consommations à prix réduit pendant une tranche horaire déterminée).

"La Mildt a envoyé une lettre aux professionnels (alcooliers, distribution) en leur demandant de faire remonter leurs pistes, rien n'est encore arrêté", a précisé un porte-parole de la Mission.

La ministre de la santé Roselyne Bachelot avait indiqué lors de la présentation du plan Santé-jeunes en février qu'elle réfléchissait à une mesure sur les "open bars", rappelle le ministère.

Elle a invité la semaine dernière les professionnels à "anticiper" le décret rendant obligatoire la mise en place d'éthylotests dans les débits de boisson, indiquant que d'autres mesures contre l'alcoolisme "allaient sortir très prochainement".

Mme Bachelot avait cité l'interdiction de vente d'alcool "aux mineurs de moins de 18 ans" dans les supermarchés ou épiceries. Un décret est "en préparation" sur la vente dans les stations-services, avait-elle précisé.

La consommation de boissons alcoolisées en France diminue régulièrement depuis 40 ans, mais l'ivresse alcoolique reste une phénomène préoccupant chez les jeunes, chez qui l'alccol représente la première cause de mortalité.

L'Académie nationale de médecine avait tiré la sonnette d'alarme en septembre dernier, présentant 15 recommandations dont une application stricte de l'interdiction de vente aux mineurs, l'interdiction de vente dans les stations-service, l'interdiction du sponsoring des soirées d'étudiants, l'interdiction de l'alcool dans toutes les manifestations sportives et l'augmentation des taxes sur les boissons alcoolisées.

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