LONDRES (AFP) — Moins de deux mois après un retard de dix heures qui avait valu à la direction de faire un rapport au gouvernement, un train d'Eurostar a mis plus de sept heures entre Londres et Paris jeudi, provoquant la colère de son président et, entre autres, celle des fans du chanteur anglais Pete Doherty pris dans la rame.
Les 500 voyageurs du Paris-Londres de 18H00 qui devait arriver à la gare du Nord à 21H21, soit un peu plus de deux heures après en comptant le décalage horaire, n'ont pu débarquer qu'à 02H13, en raison d'une panne électrique sur un chargeur de batterie.
Entretemps, après avoir serpenté dans la campagne picarde, ils ont dû changer de train à la petite gare de Fresnoy (Aisne), où un TGV a fini par les récupérer. A l'arrivée, Eurostar a mis à leur disposition des taxis et des chambres d'hôtel, et promis de rembourser ce trajet et d'offrir de surcroît un aller-retour gratuit.
Selon un des passagers, Olivier Parein, les voyageurs avaient été prévenus d'un problème de batterie dès Calais. Le temps que la SNCF trouve une solution de remplacement, le train à grande vitesse a roulé à 120 km/heure, puis "au pas, environ à 20 km/h (...), la moitié du train dans le noir et sans informations parce que les hauts-parleurs ne fonctionnaient plus, jusqu'à la petite gare de Fresnoy, pas du tout adaptée aux rames TGV : le marchepied était à presque un mètre du sol!", selon lui.
Il a trouvé également à peine suffisante, à l'arrivée, la présence d'une "dame avec juste un carnet de +bons de taxi+ pour l'ensemble des passagers du train..."
Anecdotiquement, les 1.500 à 2.000 personnes qui espéraient voir Pete Doherty se produire enfin devant eux en "solo acoustique" -- la dernière fois, le 23 avril, le concert avait été annulé car il était en prison dans le cadre de son addiction à la drogue -- en ont été pour leurs frais, la vedette étant coincée dans le train comme les autres.
L'affaire tombe mal pour Eurostar, qui a inauguré en grande pompe en novembre dernier la nouvelle gare londonienne de Saint-Pancras et le dernier tronçon de ligne britannique qui rend le train entièrement à grande vitesse, et qui mise sur la rapidité (2H15 entre Paris et Londres) et la ponctualité (93,6% au premier trimestre) théoriquement exemplaire de celui-ci pour concurrencer l'avion. Il est en outre plus écologique.
Surtout, ce retard crée un doublon fâcheux après un premier incident le 18 avril, soit il y a moins de deux mois, où un retard de dix heures avait été enregistré.
Le président de la SNCF, et d'Eurostar, Guillaume Pepy avait dû remettre alors un rapport d'explication au gouvernement. Le problème était survenu deux semaines après une précédente pagaille dans laquelle Eurostar n'était pas pour grand chose, mais qui avait occasionné cette fois des annulations et un retard de sept heures.
M. Pepy s'est fâché vendredi, se déclarant dans un communiqué "extrêmement mécontent de ce nouvel incident qui (...) n'est pas acceptable". Il a demandé aux responsables de se mobiliser, notamment au directeur général d'Eurostar, Nicolas Petrovic, "de prendre sans délai toutes les actions nécessaires pour ne plus faire subir (aux) clients de tels désagréments".
La SNCF a trouvé matière à consolation néanmoins en constatant que les mesures prises après l'incident d'avril "ont porté leurs premiers résultats" car "la prise en charge des voyageurs s'est faite avec une plus grande réactivité" jeudi soir.
Mais à parfois plus de 600 euros l'aller-retour Paris-Londres (en classe affaire), les clients de jeudi ont sans doute dû trouver que la réactivité laissait encore à désirer.
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